De la Radeon Vega Frontier aux CPU Epyc, AMD détaille son plan de reconquête d'ici à 2020

Threadripper, un Ryzen Epyc !
Composants 18 min
De la Radeon Vega Frontier aux CPU Epyc, AMD détaille son plan de reconquête d'ici à 2020

Après Ryzen et peu avant le lancement de Vega, AMD veut expliquer comment elle va continuer de convaincre et de reconquérir des parts de marché. Pour cela elle a choisi les analystes financiers, leur déroulant ses plans jusqu'à 2020 sur les différents secteurs. Voici notre analyse.

Ce mardi soir, AMD dévoilait sa stratégie pour les mois et les années à venir à l'occasion de son Analyst Financial Day. Une habitude, spécialement marquée cette année par le nombre des annonces effectuées. Cela faisait d'ailleurs un moment que la société n'avait pas parlé de long terme, avec une perspective jusqu'à 2020.

Un choix qui en dit long sur les priorités du groupe après des années de restructuration difficiles, le travail sur de nouveaux produits, et le lancement attendu de Ryzen en mars. Il faut maintenant rassurer et montrer que tout s'inscrit dans des perspectives positives, avec une vision et des objectifs, notamment au niveau financier.

  • AMD Performances financières
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AMD est en effet connue pour être une société qui, quelles que soient les nouvelles, perd de l'argent chaque trimestre. Et ce depuis des années. C'est donc une bonne partie de l'équipe dirigeante qui est montée sur scène pour tenter de convaincre : Lisa Su (PDG), Mark Papermaster (CTO), Forrest Norrod (Enterprise, Embedded et Semi-Custom), Raja Koduri (Radeon Technologies Group), Jim Anderson (Computing and Graphics Business Group) ou encore Devinder Kumar (CFO).

Nous avons décidé de revenir en détail sur les annonces, mais aussi les plans plus précis de la société. Notez que si la bourse semble avoir dans un premier temps accueilli favorablement ces annonces, le cours est rapidement revenu à son niveau précédent, soit un peu plus de 11 dollars. Et ce, malgré les rumeurs d'un accord signé avec Intel.

Ryzen se déploie, Threadripper d'ici l'été avec ses 16 cœurs

Mais revenons à nos annonces. Tout d'abord, ne vous attendez pas à retrouver des détails sur les caractéristiques des produits, leurs prix ou les dates de lancement. AMD a été assez peu prolixe sur le sujet, bien que livrant quelques pistes.

Cette conférence de près de quatre heures, plutôt bien ficelée pour une fois, était surtout l'occasion de montrer que Ryzen n'était qu'une première étape dans la phase de reconquête qui anime désormais AMD. Le marché grand public est ainsi un élément de sa stratégie, mais nous l'avons déjà évoqué avec Naples, c'est loin d'être son objectif principal.

Commençons donc par le plus simple : les roadmaps. Elles ont le mérite d'exister, même si on les trouve assez imprécises, au moins pour l'année 2018. La première ne fait ainsi que nous confirmer ce que nous savions déjà : les Ryzen 3 vont être lancés d'ici la rentrée, suivis par les modèles destinés aux mobiles et au monde professionnel. Pour cumuler ces deux caractéristiques il faudra attendre l'année prochaine.

  • AMD Roadmap jusqu'en 2020
  • AMD Ryzen Mobile
  • AMD Ryzen Mobile - Performances
  • AMD Ryzen Pro
  • AMD Ryzen Threadripper

Concernant les différences apportées par la gamme « Pro », cela semble encore assez peu clair et il faut craindre que ce sera plutôt du même niveau que la gamme vPro de chez Intel. Il a ainsi été évoqué des fonctionnalités de management avancées. Pour les puces mobiles, il est seulement précisé qu'elles utilisent bien un duo Zen/Vega, visent notamment des produits haut de gamme et trois plateformes : 2-en-1, ultra portables et machines de joueurs.

Côté performances, un gain de 50 % est annoncé côté CPU, contre 40 % pour le GPU. Le tout avec une consommation réduite de 50 %. Ces chiffres sont donnés en comparaison avec un APU de 7ème Génération (Bristol Ridge). Mais il ne s'agit ici que d'estimations et pas de mesures. Il faudra donc attendre pour savoir si la société va seulement se mettre au niveau d'Intel cette année, décevoir ou réussir à faire mieux.

Heureusement, Jim Anderson avait une surprise pour nous : Threadripper. Si certains parlent déjà d'un éventuel Ryzen 9, on saura juste que cette puce dotée de 16 cœurs et 32 threads sortira avant l'été. Ceux qui ont craqué pour un R7 1800X afin « d'avoir la plus grosse » en seront donc pour leurs frais.

Quelle sera sa fréquence de fonctionnement, son TDP, son tarif, ses différences avec une puce serveur qui affiche la même constitution ? Aucune idée pour le moment. AMD veut ici surtout déminer la potentielle réponse d'Intel avec sa gamme Bassin Falls (X299, LGA-2066) qui doit venir requinquer son offre haut de gamme.

Le Computex sera l'occasion d'en apprendre un peu plus, pour l'un comme pour l'autre. Intel devrait faire des annonces dès le 30 mai alors qu'AMD organise une conférence de presse le lendemain.

Cap sur 2020 et le 7 nm

Les autres roadmaps annoncent toute la même chose : d'ici 2020, deux générations de produits doivent voir le jour sur chaque segment de marché. Dans tous les cas on apprendra seulement une chose : elles exploiteront du 7 nm puis du « 7 nm+ ». Pour la société, la fameuse loi de Moore subit des ralentissements, elle imagine donc sa version « + » où les processeurs doivent surtout s'avoir s'interconnecter de manière différente pour poursuivre leur évolution.

Elle vante au passage son « Infinity fabric », un concept un peu fourre-tout à laquelle elle essaie de donner un peu de profondeur en expliquant qu'il s'agit d'une technologie qui permet de relier des composants au sein d'une puce (CPU ou GPU), les puces entre elles ou même les processeurs entre eux. Le tout étant basé sur l'HyperTransport et devant être « scalable », en ne rencontrant aucune limitation même avec 64 cœurs sur deux sockets.

  • AMD Roadmap 2020
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  • AMD Infinity Fabric
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  • AMD Infinity Fabric
  • AMD Moore's Law+
  • AMD Moore's Law+
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Comment cela fonctionne concrètement, à quelle fréquence, et avec quel débit concret ou maximal ? La société se gardera bien de le dire. Et concernant cette solution, c'est un peu tout le problème. AMD délivre trop peu d'informations pour que cela paraisse totalement honnête. Dommage.

Sur le fond AMD ne dit pas non plus comment elle compte passer à une finesse de gravure en 7 nm sur des produits complexes d'ici moins de trois ans. Il sera donc intéressant de suivre cette promesse dans les années à venir et voir l'efficacité au niveau énergétique qui sera proposée. Car malgré le passage au 14 nm, cela n'est pas toujours le point fort des produits de la marque face à la concurrence.

Niveau nom de code, rien de bien transcendant : après Zen 2 viendra Zen 3, on aura droit à Rome et Milan pour les serveurs, Navi puis « Next Gen » du côté des GPU. Ici, la société répète ce que l'on savait déjà.

AMD vs Intel : la bataille n'a pas encore commencé

Nous l'avons déjà dit, depuis la mise sur le marché de Ryzen une chose étonne : le stoïcisme d'Intel. Certains nous prédisaient des baisses de prix, une panique générale, un lancement de produits en pagaille. Une chose est sûre, Brian Krzanich et ses équipes sont pour le moment plutôt calmes... en apparence.

Derrière cette position se cachent plusieurs choses. Tout d'abord l'assurance que les produits grand public ne sont pas encore vraiment menacés par Ryzen. Toute l'offre d'entrée de gamme est en effet sans concurrence, puisque ces processeurs ne proposent pas de partie graphique intégrée. Lorsque vous montez une machine à usage bureautique, une puce Kaby Lake de type Pentium ou Core i3 a encore toutes ses chances face aux Ryzen 5.

Si l'on monte un peu plus en gamme, c'est plus compliqué, AMD proposant des solutions bien plus compétitives (voir ici ou ). Intel a néanmoins là encore plusieurs avantages qui jouent en sa faveur. Tout d'abord, l'accumulation de ratés du côté de la concurrence. Chez AMD on semble d'ailleurs bien conscients que le retard dans les cartes mères, le besoin de multiplier les patchs et autres nouvelles UEFI à jour n'a pas vraiment aidé à convaincre que Ryzen était une révolution.

Autre élément : les performances dans les jeux qui restent, un marqueur important. Ici la société affiche le plus souvent un retrait, et même si pour un grand nombre de machines cela n'a que peu d'intérêt ou d'impact concret « dans la vraie vie », notamment face aux gains apportés dans de nombreuses situations par la possibilité de disposer de quatre, six ou huit vrais cœurs à un tarif imbattable, c'est un déficit d'image qui impacte négativement les produits.

Enfin, il y a l'inertie. En effet, cela fait des années qu'AMD traîne une réputation qui est loin d'être très positive auprès des consommateurs. Consommation élevée (la majorité des CPU étaient encore en 32 nm avant Ryzen), faible autonomie sur le mobile, performances limitées face à un Intel capable de proposer des Core i7, etc. Bref, AMD était plutôt le choix de ceux dont le budget était limité et qui acceptaient d'oublier tous les autres critères afin de faire des économies.

Autant dire que lorsque, du jour au lendemain, on vous annonce qu'il faut passer sur du Ryzen parce que c'est la révolution. Nombreux sont ceux qui seront un peu sceptiques et vont attendre avant de sauter le pas. Cela nous avait notamment été remonté par des revendeurs au moment du lancement des Ryzen 5/7, avec des puces qui se vendaient mieux que précédemment, mais sans battre de record. Et surtout, les modèles d'Intel continuaient de bien s'écouler.

Résultat des courses, qui a vu ses tarifs de vente baisser ? AMD. Qui annonce des résultats records ? Intel.

AMD en mode reconquête (notamment de ses marges)

La société est bien consciente de cette limite et du fait qu'elle est désormais en mode reconquête. C'est notamment ce qui explique l'agressivité des tarifs de Ryzen face à la concurrence. Retrouver la confiance des consommateurs est complexe, sur le marché de détail, mais aussi du côté des intégrateurs, des acheteurs côté serveurs, etc.

C'est pour cela que des itérations sont rapidement prévues pour faire évoluer Zen, puis Vega. Car sur le long terme, AMD affiche un premier objectif : proposer des produits sur le segment Premium, et ne plus se contenter de l'entrée de gamme. Ce secteur concentre en effet la majorité des ventes en volume, mais pas des revenus.

Ensuite, il faudra assurer une croissance constante et faire remonter la marge brute, à un niveau dépassant 40 % selon les prévisions, contre plutôt 30 % actuellement (34 % visés en 2017, 36 % en 2018). Chez Intel, elles frôlent les 62 %. Les actionnaires, eux, ont la promesse d'un dividende de 0,75 dollar par action si tout se passe comme prévu.

  • AMD Stratégie 2020
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La croissance passera en bonne partie par les serveurs

Pour cela, il faudra aller plus loin que le grand public, et que l'on ne s'y trompe pas c'est l'enjeu principal pour AMD. Actuellement, la société tire 99 % de ses revenus du marché PC ou des consoles, qui représentent respectivement un potentiel global (TAM) de 28 et 15 milliards de dollars à horizon 2020. 

Pour assurer sa croissance sur ces marchés, AMD compte principalement sur sa montée en gamme. C'est ce qui fait le principal des revenus dans le segment PC, dont la croissance est plutôt plate. Idem pour les GPU et les consoles. La société ne l'évoque pas, mais la montée en puissance du « Cloud gaming » pourrait sur ce secteur être un problème.

Les revenus ne seront plus alors du côté du client final, mais des prestataires de services tels que Blade qui achèteront des serveurs. L'importance de ce marché est aussi là à un horizon tel que celui de 2020. NVIDIA l'a d'ailleurs bien compris avec son GeForce Now, là ou AMD propose seulement un partenariat avec LiquidSky pour le moment.

Avec 21 milliards de revenus potentiels, les serveurs sont donc une mine d'or pour AMD qui n'y est plus vraiment présent depuis des années. Il faut donc assurer un retour en force, tant du côté des CPU (75 %) que des GPU (25 %), et voler des parts de marché aux deux concurrents qui se partagent ce juteux gâteau : Intel et NVIDIA.

Côté GPU, une partie du travail a déjà été fait avec l'annonce des Radeon Instinct ou des Radeon Pro, qui vont bénéficier de l'arrivée de Vega d'ici peu (nous y reviendrons). Un début d'écosystème a été mis en place, avec des solutions parfois inhabituelles comme la Radeon Pro SSG (PDF) lancée l'été dernier à près de 10 000 dollars. Sa particularité ? Elle embarque un SSD NVMe d'au moins 1 To pour faciliter le traitement de certaines données.

Côté CPU, ce sera à Naples de faire le travail, avec un lancement prévu d'ici l'été.

Naples devient Epyc

Cette conférence a d'ailleurs l'occasion de dévoiler la dénomination choisie : Epyc. On se doutait que la marque Opteron ne pourrait survivre, mais l'on a un peu de mal à comprendre ce choix qui sonne presque un peu trop « fantasy » pour viser un marché professionnel.

L'objectif affiché pour AMD est ambitieux : devenir N°1 du secteur. Autant dire que cela ne va pas être facile tant Intel et NVIDIA sont implantés depuis des années. Et faire changer d'avis les acheteurs, développeurs, et tout l'écosystème ne se fera pas en quelques mois. Convaincre Madame Michu de changer de CPU n'est déjà pas chose aisée, mais tenter de faire revoir à un hébergeur tout son plan de déploiement ou d'évolution d'un data center...

  • AMD Epyc
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  • AMD Epyc
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Pour convaincre, AMD a néanmoins de nombreux atouts. Et même si certains veulent voir dans les solutions d'Intel une offre « gastronomique » face à un concurrent qui va sans doute casser les prix, ce dernier sait appuyer là où cela fait mal. Comme pour le lancement de Ryzen, le but est ainsi de rappeler que le géant de Santa Clara a abusé de sa position pour ne pas faire évoluer ses produits sur certains points, avec une stratégie commerciale pas toujours à l'avantage de ses clients.

Tout d'abord, en faisant exploser le nombre de cœurs disponibles et la connectivité. Une plateforme Epyc peut ainsi afficher jusqu'à 64 cœurs, 128 threads, 32 emplacements mémoire et 128 lignes PCI Express. Bref, de quoi largement dépasser des solutions concurrentes qui affichent des limites bien plus faibles.

De quoi afficher aussi une capacité d'exploiter un nombre de GPU ou de disques par CPU bien plus important, et de manière bien plus efficace. C'est d'ailleurs là qu'entre en scène le second argument de poids.

Redonner de l'intérêt au marché mono-socket (1S)

AMD le détaille assez bien, la répartition des revenus sur le marché des serveurs n'est pas égale entre les différentes solutions disponibles. Actuellement, 91 % est occupé par les solutions à 1 ou 2 sockets. C'est ces dernières que la société vise particulièrement puisque cela occupe près de 80 % des ventes.

Ainsi, dans la gamme d'Intel, si la communication se fait beaucoup sur l'offre haut de gamme, ce sont essentiellement des puces comme les E5-264x qui se vendraient le plus. C'est donc elles qui vont être attaquées. Et pour cela, la société dispose d'un argument choc : un seul processeur Epyc permet de s'opposer à une solution bi-E5. Cela permet de disposer d'une carte mère plus compacte, qui consommera moins, tout en offrant une meilleure connectivité.

  • AMD Epyc
  • AMD Epyc
  • AMD Epyc
  • AMD Epyc

Ainsi, la société entend rééquilibrer la place des solutions 1S dans les serveurs, et compte bien sur le fait que ce sont ses puces qui occuperont ici une bonne partie des ventes. Un danger qu'Intel semble avoir bien compris puisque contrairement au marché grand public, on commence déjà à voir des annonces autour de sa nouvelle offre Xeon « Scalable » ou l'intérêt de ses puces Bassin Falls, qui apporteront principalement un nombre croissant de cœurs.

La bataille qui approche sera donc passionnante, et pour AMD l'enjeu est de réussir à convaincre au-delà des annonces. Et pour cela, il faudra investir dans des forces moins visibles des commentateurs : les équipes de vente. Ceux qui accompagnent les gros clients au quotidien, comprennent leurs problématiques, fournissent des solutions. Sur ce terrain aussi, Intel est leader. Et aller lui récupérer des clients de poids ne sera pas chose facile, qu'il s'agisse des GAFA comme d'acteurs plus locaux à la portée internationale tels qu'OVH.

Une grosse photo de Vega et puis s'en va

Finissons par ce qui a été pour nous la grande déception de cette conférence : la partie dédiée aux cartes graphiques. AMD n'a en effet jamais été aussi proche de l'annonce de sa nouvelle génération Vega, et pourtant, Raja Koduri nous a servi un moment avec peu d'informations, des démonstrations insipides (et déjà vues) mais surtout pas mal d'auto-satisfaction (alors qu'il n'y a pas vraiment de quoi).

Il nous a ainsi vendu a nouveau son « Radeon Rising » qui est censé évoquer le renouveau de la marque depuis l'arrivée de Polaris. Or l'on sait que cette gamme n'a pas été vraiment une réussite, plombée par une consommation élevée et sauvée uniquement par ses tarifs plancher. Cela n'a pas empêché la société de venir nous la resservir avec une gamme 500 sans presque aucune nouveauté.

 AMD Radeon Vega FrontierAMD Radeon Vega Frontier

Koduri insiste néanmoins sur le travail de fond qui a été fait, et sur ce point, on ne peut que le suivre : refonte des pilotes, mise en place de nouvelles gammes, approche ouverte et orientée open source. De quoi permettre à la société de regagner des parts de marché. Mais voilà, cela fait maintenant des mois que l'on entend la même chose.

Après une refonte globale, AMD boucle donc une seconde phase de l'évolution de son Radeon Technologies Group, avec un focus très orienté vers les solutions professionnelles. Comme pour les CPU, c'est ici qu'AMD est le moins présent alors qu'il y a énormément de revenus et de marges à en tirer. C'est ce qui explique les annonces multiples autour des Radeon Instinct, puis Pro de ces derniers mois. 

C'est aussi ce qui explique que la seule annonce concernant Vega concerne la « Frontier Edition », une carte pensée pour « les scientifiques, les ingénieurs ou les concepteurs », un peu à la manière de la gamme Titan de NVIDIA. Attendue pour fin juin, « tout transpire la qualité chez elle » annonce Koduri. Problème, beaucoup ont surtout vu une carte classique avec un ventirad bleu et jaune qui n'a rien de transcendant. 

  • AMD Radeon Vega Frontier
  • AMD Radeon Vega Frontier
  • AMD Radeon Vega Frontier
  • AMD Radeon Vega Frontier
  • AMD Radeon Vega Frontier
  • AMD Radeon Vega Frontier

Elle annonce 16 Go de mémoire HBM2 (480 Go/s) et 13 TFLOPS en double précision avec 64 Compute units (soit 4096 unités de traitement). Un chiffre important pour une raison simple : il est supérieur aux 11 TFLOPS annoncés par la Titan Xp de NVIDIA. De premiers résultats ayant été donnés sous SpecViewperf 12.1. La comparaison ne s'arrête pas là puisque concernant Vega de manière générale, la société indique faire mieux qu'un NVIDIA P100 dans un outil de mesure de performances orienté deep learning, DeepBench.

Mais déjà, ces résultats sont contestés par NVIDIA qui évoque l'utilisation d'anciens pilotes. Koduri semblait d'ailleurs déjà déminer la situation lors de la conférence, précisant que « l'idée n'est pas de dire que nous sommes meilleurs que NVIDIA, mais plutôt d'indiquer que précédemment, nos cartes ne tenaient pas la comparaison. Désormais, c'est le cas ». Dont acte, il faudra donc désormais attendre des tests indépendants pour se faire une idée, mais surtout patienter pour en savoir plus.

Notez enfin qu'une version avec watercooling sera proposée.

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23 commentaires
Avatar de Charly32 Abonné
Avatar de Charly32Charly32- 18/05/17 à 10:47:33

Bon article, on oublie un peu trop souvent le marché pro, bien plus lucratif que le grand public.
En espérant que AMD arrivera à rester compétitif, j'ai un peu dans l'idée que Ryzen et Vega arrivent quelques mois trop tard par rapport à la concurrence.

  Mark Papermaster

C'est à cause de lui les lancements paper launch ?

Sur le fond AMD ne dit pas non plus comment elle compte passer à une
finesse de gravure en 7 nm sur des produits complexes d'ici moins de
trois ans.

D'autant plus que cela ne veut plus dire grand chose, surtout pour comparer les procédés de fondeurs différents.

Édité par Charly32 le 18/05/2017 à 10:48
Avatar de Kalsth Abonné
Avatar de KalsthKalsth- 18/05/17 à 10:57:32

Merci pour l'article !

Concernant la reconquête, il faut dire qu'on peut voir du Intel partout, que ce soit dans l'annonce de jeux ou même la simple publicité --> AMD est au grand abonné absent
Alors certes pour M tout le monde cela ne sert pas à grand chose, mais peut réveler quand même un manque d'efficacité pour AMD dans la façon de monter (et montrer) ses produits

Mais bon je suis content quand même, espérons que cela apporte un peu de concurrence de partout histoire d'avoir de meilleurs prix et enfin de vraies grosses nouveautés

Avatar de La Loutre INpactien
Avatar de La LoutreLa Loutre- 18/05/17 à 11:06:03

Merci pour l'article !

J'attendais une version mobile qui va arriver et il y aura une version Pro et avec du Vega dedans.
Reste plus qu'à voir ce que l'ensemble va donner face aux configs à base de i7 et de GTX 1080 mais si l'ensemble rapport prix/performances est à la hauteur, je sens que je vais investir.

Non pas que mon MSI soit à la rue (i7-4980HQ - GTX980M 8Go - 32 Go) mais ça me permettra de disposer d'une machine récente et performante.
Et mon MSI sera dédié au boulot et l'AMD aux jeux.

Avatar de dvr-x Abonné
Avatar de dvr-xdvr-x- 18/05/17 à 11:07:56

Pfiouuu.... bah le lirai l'article ce soir, il est immense ! 
 

Avatar de Obidoub Abonné
Avatar de ObidoubObidoub- 18/05/17 à 11:22:51

Vega m'inquiète vraiment.
Comme vous le soulignez il n'y a rien de concret à part de rapides démonstrations biaisées (jeux/logiciels favorables à AMD + aucun chiffre) et des gamers qui vont devoir attendre de plus en plus. Fin Juin pour les modèles Pro, ça veut dire Juillet/Aout pour le grand public ? Voire après ?

Avatar de robin4002 Abonné
Avatar de robin4002robin4002- 18/05/17 à 12:05:31

Idem, ce que AMD montre concernant vega n'est vraiment pas bon signe.

Avatar de Charly32 Abonné
Avatar de Charly32Charly32- 18/05/17 à 12:43:41

Suggestion de sous-titre : proc epyc

Avatar de Citan666 Abonné
Avatar de Citan666Citan666- 18/05/17 à 12:57:04

AMD délivre trop peu d'informations pour que cela puisse paraître honnête, dommage.

Bravo les gars pour le procès d'intention gratuit.
Oui, AMD a fait nawak pendant des années en termes de com', mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué ça commence à changer depuis plusieurs mois. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour.
Par ailleurs, pourquoi donc donneraient-ils dès à présent, au grand public (y compris donc à leur concurrent), des informations détaillées permettant de comprendre l'architecture qu'ils ont adoptées (et donc réagir en conséquence, soit en reprenant les bonnes idées dans la conception des prochains processeurs, soit en poussant d'autres pratiques de développement vis-à-vis des éditeurs pour limiter l'impact positif de ces choix) ? AMD a fini par prendre la pleine mesure de sa position de faiblesse dans l'écosystème dans son ensemble, et leur seul différentiateur est (et a toujours été) l'innovation avec effet de surprise. S'ils donnent au concurrent le moyen de l'anticiper, ils perdront leur fenêtre de tir.

Car malgré le passage au 14 nm, cela n'est pas toujours le point fort des produits de la marque face à la concurrence.

Même si l'on ne prenait pas en compte le rapport perfs/consommation qui met AMD à peu près au même niveau, ou largement au dessus d'Intel, en fonction du degré de parralélisation des applis, ce que tu dis est juste faux. 
Cf tests de Hardware.fr: consommation au repos similaire ou inférieure à tous les i7 sauf le 7700k, supérieure uniquement aux i5 (ce qui n'est pas étonnant). Consommation en pleine charge du 1800X effectivement nettement supérieure à la plupart des modèles Intel, mais pour un niveau de performance très différent. Si on regarde le 1700, il se maintient très largement sous la plupart des Intel. D'ailleurs leur graphique "d'efficacité énergétique" te contredit directement.
On regarde Cowcottland? Eux relèvent pour le 1800X une consommation au repos inférieure à tous les modèles i7 testés (dont le 7700). Il n'y a qu'en consommation "pleine charge" que la consommation du 1800x dépasse largement l'enveloppe thermique prévue et s'avère nettement plus énergivore que les pendants Intel, mais là encore pour des performances différentes. Concernant le 1700, le constat est similaire à celui d'Hardware.fr. Le tout sachant que les tests "pleine charge" des magazines spécialisés correspondent à des tests conçus pour exploiter 100% du processeur, mais dans la pratique de tous les jours rarissimes sont les cas de machines tournant en permanence à 100%.
De fait, effectivement, à fréquence par coeur égale, les Rizen consomment au moins autant, souvent plus. En quoi est-ce étonnant ? En quoi est-ce réellement un problème ? Voilà les questions auxquelles il faut répondre avant de vouloir porter un jugement de valeur.

Enfin, il y a l'inertie. En effet, cela fait des années qu'AMD traîne
une réputation qui est loin d'être très positive auprès des
consommateurs. Consommation élevée (la majorité des CPU étaient encore
en 32 nm avant Ryzen),
faible autonomie sur le mobile, performances limitées face à un Intel
capable de proposer des Core i7, etc. Bref, AMD était plutôt le choix de
ceux dont le budget était limité et qui acceptaient d'oublier tous les
autres critères afin de faire des économies.

 1. Consommation élevée : en charge ça faisait une différence nette, mais même alors il fallait exploiter sa machine durant des heures par jour pour voir une réelle différence sur le budget. En idle peu importe sérieusement.

  1. Faible autonomie : anéfé, rien à redire là dessus, la finesse de gravure étant l'élément déterminant. Faut-il cependant rappeler qu'AMD ne maîtrisait plus son process de gravure, ce qui fait qu'il n'y pouvait rien ?

  2. Performances limitées : uniquement dans les jeux ou applications monothreadées "lourdes", autrement dit, absolument pas le commun des mortels. Qui pouvait au contraire bien profiter du multicoeur pour un usage multimédia/bureautique, et qui aura du coup naturellement profité, sans toucher à son matos, du travail de fond réalisé au fil des années par les différents acteurs (Adobe, Microsoft, Mozilla, Google) pour refondre leurs applications sur base multi-threadée.

    Bref...
    Franchement, David, tu me déçois. Tu as, une nouvelle fois, un ton extrêmement négatif sur l'ensemble de l'article, j'ose même dire stupidement biaisé, face à une entreprise qui souffre depuis des années de l'obscurantisme des journalistes face aux conditions dans lesquelles elle essaye de vivre.
    Oui, obscurantisme : il n'y a pas d'autres mots, quand les tests se paluchent sur les performances brutes et la consommation pour conchier la faiblesse d'un acteur sans autrement faire leur boulot de journaliste, qui est de remettre en perspective 1) les moyens respectifs des acteurs 2) les usages réels 3) le ratio perfs/conso/prix sur plate-forme complète 4) l'écosystème (inertie extrêmement violente des développeurs, influence indirecte d'Intel -qui a appris la leçon du procès précédent- passant par des aides au développement d'appli plutôt que des restrictions au niveau des distributeurs, difficultés du fondeur à passer le cap de la finesse de gravure etc).
    Dit autrement, la mauvaise réputation d'AMD a été largement entretenue et aggravée par des journalistes qui ont préféré se gaver de branlette intellectuelle au lieu de proposer des analyses pragmatiques et concrètes.

    Sur cet article, c'est d'autant plus risible que vous avez vous-même publié la news sur le bilan d'Intel et de manière générale vous informez sur l'évolution financière des deux sociétés, donc vous ne pouvez ignorer l'extrême différence de moyens. Mais on dirait que l'information est compartimentée entre les news empêchant de tirer les conclusions logiques à partir des faits constatés...
      
    Désolé du coup de gueule qui te tombe dessus alors que je vise à peu près tous les "sites journalistiques spécialisés" (et que tu es très loin d'être le pire parmi tous ceux que je lis), mais c'est vraiment triste de voir qu'on ne peut pas compter sur des "professionnels" pour prendre du recul. Et autant j'ai lâché l'affaire pour les sites soi-disant "spécialisés" qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, autant sur NXI ou généralement* vous arrivez à restreindre vos propres opinions et construire des analyses avec un minimum de réflexion et de prospective je n'arrive pas à laisser passer.

    * Je dis généralement parce que sur certains sujets vous êtes clairement biaisés également, comme ce qui est lié au DPI. Ça me dérange moins parce que pour le coup je partage votre opinion , mais la critique reste vraie également : plus vous vous autorisez à parler "en votre nom et opinion" au lieu de viser le pur factuel (y compris dans le style d'écriture), plus vous satisferez les lecteurs qui vous sont acquis, mais plus vous susciterez de méfiance de la part de lecteurs qui vous découvrent, à fortiori ceux qui n'ont pas forcément la même connaissance préalable des sujets traités.

Pour être clair, je te remercie pour l'exhaustivité de l'article en terme de traitement des informations fournies par AMD, qui a dû te demander au bas mot une demi-journée de taff (probablement même plus d'une journée en tenant compte de la recherche d'infos). Je comprends bien également que l'objectif du présent écrit n'était pas d'écrire un dossier analytique complet mais simplement présenter l'information dans son contexte. Et j'apprécie que tu veuilles souligner la différence qu'il pourra y avoir entre des éléments de communication fournis dans une optique précise et la réalité du produit qui sera commercialisé, ça fait effectivement partie de ce que j'attends personnellement d'un article "journalistique". Mais quitte à être critique, autant l'être pleinement, et pas juste "de biais et en surface". Parce que là le contexte dans lequel tu places l'information, c'est une vision extrêmement restreinte et partant imprécise.

Édité par David_L le 18/05/2017 à 13:43
Avatar de RDeluxe INpactien
Avatar de RDeluxeRDeluxe- 18/05/17 à 13:20:22

Citan666 a écrit :

Bref...
Franchement, David, tu me déçois. Tu as, une nouvelle fois, un ton extrêmement négatif sur l'ensemble de l'article, j'ose même dire stupidement biaisé, face à une entreprise qui souffre depuis des années de l'obscurantisme des journalistes face aux conditions dans lesquelles elle essaye de vivre.
Oui, obscurantisme : il n'y a pas d'autres mots, quand les tests se paluchent sur les performances brutes et la consommation pour conchier la faiblesse d'un acteur sans autrement faire leur boulot de journaliste, qui est de remettre en perspective 1) les moyens respectifs des acteurs 2) les usages réels 3) le ratio perfs/conso/prix sur plate-forme complète 4) l'écosystème (inertie extrêmement violente des développeurs, influence indirecte d'Intel -qui a appris la leçon du procès précédent- passant par des aides au développement d'appli plutôt que des restrictions au niveau des distributeurs, difficultés du fondeur à passer le cap de la finesse de gravure etc).
Dit autrement, la mauvaise réputation d'AMD a été largement entretenue et aggravée par des journalistes qui ont préféré se gaver de branlette intellectuelle au lieu de proposer des analyses pragmatiques et concrètes.

Parce que on s'en fout ?

Des articles sur les difficultés d'AMD y en a des palettes entières. 
Et on s'en moque un peu  dans un benchmark, des difficultés d'un constructeur. Le consommateur final - sauf si c'est un fan de la marque - est plus intéressé par le bilan final (et ici on parle de CPU, donc performances, consommation et prix sont les critères principaux) que par l'historique de la marque.

Là ton pavé montre que tu es attaché à la marque et que tu aimerais qu'on montre les efforts accomplis pour revenir au niveau. Et je suis d'accord avec toi, un gros GG à AMD parce que je pensais vraiment que leur "révolution Ryzen" ça allait être du flan, mais les mecs en R&D ont super bien bossé. Mais l'article ne juge pas l'historique - et c'est pas le but - mais uniquement la présentation et les annonces d'une société qui produit des CPU. 

Quand tu vas acheter un téléphone ou un laptop, le vendeur ne te fait pas l'historique de la marque en te disant : "bon, celui là il est moins bon mais l'entreprise est en difficulté et se sort les doigts vous savez!". On s'en carre. 

My 2 cents 

Avatar de Aqua-Niki INpactien
Avatar de Aqua-NikiAqua-Niki- 18/05/17 à 13:44:32

AMD était à la ramasse avant Ryzen, c'est un fait. Oui leur offre était pas chère, c'est normal, puisqu'écrasée par celle d'Intel en perf et conso. Oui les deux entreprises n'ont pas les mêmes moyens, mais c'est pas ce qui intéresse le client qui veut le produit le plus intéressant au meilleur prix.
Par contre je ne comprends pas ton attaque contre David et les journalistes, totalement infondée : David a l'air intéressé par les Ryzen (ça se sent dans plusieurs articles sur le sujet), mais fait preuve de recul journalistique pour rappeler qu'AMD n'a pas toujours su tenir ses promesses partout. Tu voudrais peut-être qu'ils repompent le communiqué de presse d'AMD ? Ça c'est du travail journalistique !

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