Plus compact, moins complet et moins cher : qu'apporte le Raspberry Pi 3 A+ ?

L'art du compromis
Plus compact, moins complet et moins cher : qu'apporte le Raspberry Pi 3 A+ ?

Un nouveau Raspberry Pi vient d'être annoncé. Reprenant la base du modèle 3 B+, il se veut plus petit et moins coûteux, notamment en raison d'une mémoire réduite de moitié. Mais pas seulement. Faut-il foncer ou l'éviter ?

Alors que nombreux sont ceux à attendre un éventuel Raspberry Pi 4, la fondation continue de décliner ses modèles existants. Elle n'a d'ailleurs pas chômé ces derniers mois avec la mise sur le marché du Hat PoE, du Zero WH (intégrant nativement des broches GPIO) ou du 3 B+, avec de plus grosses fréquences et un port réseau « Gigabit » (via USB 2.0).

Onzième modèle de la gamme (si l'on exclut quelques versions mineures), le 3 A+ est de la même trempe que ces deux derniers : une simple retouche. On peut d'ailleurs le voir comme un nouveaux mix de caractéristiques existantes, un peu comme si la fondation faisait évoluer ses produits à la manière d'un « monsieur patate ». 

Mais dans la pratique, qu'est-ce qui change ?

Format A+, avec un nouveau boîtier

Le changement le plus visible est le format. Il reprend celui utilisé pour le Raspberry Pi A+ sorti en novembre 2014. Raccourci de 20 mm, il garde les mêmes ouvertures pour la fixation que les modèles classiques. Son PCB s'arrête aux broches GPIO et mesure 65 x 56 mm. Son épaisseur est également réduite : 12,5 mm plutôt que 19 mm habituellement.

Raspberry Pi 3 A+ Épaisseur

On peut ainsi le faire rentrer dans un boîtier officiel sans trop de problème. Mais il faut plutôt le voir comme un support temporaire, d'ici à ce que des modèles adaptés soient proposés. Il ne sera en effet pas possible de le fermer, un élément de soutien de la face supérieure entrant en conflit avec le port USB. De plus, il sera trop long. 

La fondation a donc annoncé qu'un nouveau boîtier serait mis sur le marché. Il ne sera par contre pas disponible avant début décembre. D'autres, non officiels, devraient voir le jour d'ici là. 

Raspberry Pi Tableau Gamme Novembre 2018

De moins en moins de fils

Dépourvu de port RJ45, le Raspberry Pi 3 A+ se limite à un seul port USB 2.0. C'est ce qui permet ce rabotage du PCB. Le reste de la connectique est inchangé. On retrouve ainsi le jack composite, les CSI/DSI pour caméra/écran, la sortie HDMI et le lecteur de cartes MicroSD. 40 broches GPIO sont bien présentes, alors que le 1 A+ n'en avait que 26.

La présence d'un port USB 2.0 est un signe : cet appareil n'est pas fait pour être utilisé en bureautique, ou alors à travers un kit clavier/souris Bluetooth (la version 4.2 est supportée). Ce port reste présent pour l'utilisation de périphériques divers ou d'un stockage externe, qui peut désormais être employé comme solution de boot. 

Il sera ainsi parfait pour dans un environnement embarqué ou comme petit serveur, avec l'avantage d'être bien plus puissant qu'un modèle Zero W. On note d'ailleurs que comme pour ces derniers, le Wi-Fi est privilégié pour l'accès distant, comme si le RJ45 n'était plus proposé qu'en option sur des modèles plus coûteux.

Cela est rendu possible par la simplicité de l'activation de l'accès SSH et de la configuration de réseaux sans fil sur un Raspberry Pi via sa distribution officielle : Raspbian. On peut également opter pour une autre solution locale et filaire comme une console série (via le GPIO), mais ce n'est guère pratique.

N'attendez par contre aucun miracle, la puce présente sous la framboise métallique semble toujours être une CYW43455 de Cypress, annoncée à 433 Mb/s. Elle n'a pas été capable de dépasser les 65 à 75 Mb/s lors d'un simple transfert de fichiers depuis un NAS situé à une dizaine de mètres, soit 8 à 9 Mo/s environ.

Moins de mémoire pour faire baisser le tarif

Voulant proposer les meilleures performances possibles, la fondation a réutilisé le SoC du Raspberry Pi 3 B+ : un Broadcom BCM2837B0 à 1,4 GHz recouvert d'un dissipateur. Il gère le 64 bits et intègre quatre cœurs Cortex-A53 (ARMv8) en plus d'une partie graphique VideoCore IV. C'est ce qui explique que l'alimentation recommandée est toujours 5V/2,5A. 

Nous avons mesuré ce Raspberry Pi 3 A+ à 1 watt au repos (0,22 A), contre 2,2 watts (0,44 A) lorsque le CPU est utilisé à plein lors d'un test de chiffrement RSA 4096 bits via OpenSSL. Ses performances sont similaires à un modèle 3 B+ qui se distinguait déjà assez peu d'un 3 B. Mais cela fait une belle différence par rapport à la gamme Zero ou à des modèles 2 :

Raspberry Pi Performances Novembre 2018

On retrouve le travail d'allègement des composants effectué avec le 3 B+ par rapport au 3 B, notamment de l'étage d'alimentation autour du circuit de puissance MXL-7704. Mais l'autre grand changement vient de la mémoire, avec l'utilisation de 512 Mo plutôt que 1 Go de LPDDR2. 

Une caractéristique qui nous ramène aux modèles d'avant 2015 et le 2 B, ou aux Zero. Une puce EDB4432BBPA-1D-F de Micron est ainsi présente au dos du PCB plutôt que la EDB8132B4PB-8D-F. Ce choix rapproche lui aussi ce modèle 3 A+ de l'embarqué ou d'un usage comme petit serveur. Une interface graphique, même minimale, pourrait être limitée par une telle caractéristique. Surtout si l'on utilise des applications orientées multimédia.

  • Raspberry Pi 3 A+
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Une solution intermédiaire, en attendant de vraies évolutions

Dans sa version « Lite », l'empreinte mémoire de Raspbian est à peine de 40 Mo, ce qui laisse tout de même de la marge à l'utilisateur, tant qu'il n'est pas trop gourmand. Un point intéressant pour ceux qui peuvent s'en contenter, puisque toutes les économies mises bout à bout permettent de passer d'un tarif de 35 dollars à 25 dollars. 

En France, on passe ainsi de près de 37 euros à un peu plus de 26 euros, soit un rabais de plus d'un quart du prix pour des performances similaires. Si certains avaient hésité à passer du 3 B au 3 B+ pour des questions de tarif, préférant regarder du côté du Zero W à un peu plus de 10 euros, ce 3 A+ apparaît comme un compromis appréciable. 

Certes, on aurait aimé ne pas avoir à transiger sur la mémoire. Mais bien qu'en LPDDR2, c'est encore l'un des composants les plus coûteux d'une telle machine. Un choix qui semble efficace puisque l'on se retrouve avec des performances peu limitées, permettant de faire la différence avec la série Zero, pour un coût bien inférieur à celui d'un modèle 3 B+. 

Ceux qui veulent à tout prix le modèle le plus puissant ou le moins cher n'y trouveront sans doute pas leur compte. Mais pour tous les autres, c'est clairement une alternative qu'il faut désormais envisager.

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