AMD continue de prendre de l'importance dans les serveurs

Jusqu'à quand ?
AMD continue de prendre de l'importance dans les serveurs

Lorsque Lisa Su et ses équipes ont lancé l'architecture Zen, elle voulait reprendre le leadership dans le domaine du CPU en général et redevenir un acteur de poids dans les serveurs en particulier. Peu à peu, la société y parvient, mais elle se trouve désormais à la croisée des chemins.

En 2017, nous nous étions rendus à Austin afin de rencontrer Lisa Su à l'occasion du lancement des processeurs EPYC de première génération. La patronne d'AMD nous confiait alors vouloir atteindre rapidement 10 % du marché des serveurs « pour commencer ». Mais le succès espéré a tardé à être au rendez-vous.

Faire d'EPYC une marque sûre : un travail de longue haleine

Dans ce secteur, casser les prix est une chose, mais c'est sur le long terme que l'on convainc les acheteurs en masse. Refroidis par la fin abrupte de l'aventure Opteron quelques années plutôt, dubitatifs face aux débuts un peu chaotiques de l'architecture Zen, nombreux ont été ceux qui ont préféré passer leur tour et « attendre pour voir ».

Plusieurs personnes ayant traité avec AMD à l'époque nous ont confirmés depuis que les plateformes de première génération, peu nombreuses, manquaient également de maturité. C'est finalement avec Zen 2, puis Zen 3 (arrivé tardivement) que l'essai s'est peu à peu transformé. Les équipes de Lisa Su ont pour cela dû apprendre de leur erreur et réussir à embarquer de nouveaux partenaires dans l'aventure EPYC.

Mais au final, elles ont réussi à passer devant Intel dans de nombreuses situations. Certes, l'offre de ce dernier est plus complète, son écosystème bien plus vaste, mais tout un pan du secteur avait plus intérêt à miser sur AMD désormais. Ce qui a forcé le géant de Santa Clara à revoir ses prix et ses marges à la baisse pour tenir sa position.

AMD continue sur sa lancée

Début 2019, les EPYC représentaient ainsi 3,2 % des serveurs selon Mercury Research. Début 2020 on apprenait qu'ils comptaient pour 4,5 % au dernier trimestre 2019 selon le même institut. Depuis, ce chiffre n'a cessé de grimper. Il est passé à 7,1 % pour le dernier trimestre 2020 et 9,5 % pour le second trimestre 2021. Un record pour AMD. Pour rappel, les Ryzen sont, eux, crédités de plus ou moins 20 % (desktop et mobile) selon les trimestres.

La barre des 10 % est désormais à portée de main pour EPYC et pourrait être franchie d'ici la fin de l'année. D'ici là, le constructeur pourra se faire plaisir avec les chiffres qui viennent d'être publiés par Omdia dans son Data Center Server Market Tracker qui crédite cette fois AMD de 16 % du marché datacenter, sans que l'on sache exactement à quoi cela correspond (Mercury Reasearch exclu l'IoT notamment). 

AMD profiterait de la demande forte des hyperscalers, notamment de Google (qui a misé fort sur Zen 3). Selon l'étude, le marché est en croissance au second trimestre par rapport à la même époque l'année passée. Dell EMC reste l'acteur dominant avec 3,66 milliards de chiffre d'affaires sur le trimestre (en hausse de 12 % par rapport à 2020). Il est suivi de HPE (2,73 milliards, -1 %), Inspur (2,29 milliards, -5 %) et Lenovo (1,65 milliard, +13 %).

2022, année de tous les dangers

Reste désormais une inconnue pour AMD : est-ce que la tendance va ou non s'inverser. En effet, Intel prépare une grande offensive avec Alder Lake puis Sapphire Rapids, qui est attendu un peu avant Zen 4. Il faudra donc occuper le terrain d'ici là. Certains s'attendent ainsi à un Milan-X équipé de 3D V-Cache. Mais la menace pourrait aussi venir de l'écosystème ARM, avec des acteurs comme Ampere Computing qui montent en puissance, poussés par NVIDIA.

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