On se monte un serveur 4U : 16 cœurs, 64 Go de RAM, 2 GPU, 5+5 SSD/HDD, 2 alimentations

Le tout dans un peu d'OSB3
On se monte un serveur 4U : 16 cœurs, 64 Go de RAM, 2 GPU, 5+5 SSD/HDD, 2 alimentations

Assembler son propre serveur est une chose. Mais tant qu'à faire, autant voir les choses en grand. C'est ce que nous avons décidé de faire dans un nouveau projet au format 4U, destiné à de nombreuses expériences.

Il est désormais simple de louer de la puissance de calcul « dans le cloud », à l'heure, pour réaliser certaines tâches gourmandes en puissance. Ou d'avoir un NAS à la maison pour stocker des données. Nombreux sont les passionnés d'informatique qui cherchent cependant à se monter un serveur à la maison, dans leur « Home Lab ».

Plus ou moins performant selon les moyens et les besoins de chacun, il peut être de forme variée et couvrir différents usages. Cela peut aussi bien être une machine passive qu'un mini PC, parfois avec du 2,5 Gb/s ou rackable. Certains se contenteront d'un simple Raspberry Pi en PoE, d'autres opteront plutôt pour un serveur 1U maison.

Aujourd'hui, nous avons cherché à composer une solution performante à bien des niveaux. Notre objectif était d'intégrer de nombreux cœurs, SSD, HDD, GPU et beaucoup de mémoire. Le tout avec une alimentation redondante. Un serveur capable de tout faire au sein de notre labo, parés pour les plus gros projets.

On a même créé un meuble pour ça

Commençons par un projet dans le projet, notre volonté étant de placer ce serveur et d'autres équipements réseau à l'étage, dans une pièce pas tout à fait terminée ni isolée. On aurait pu opter pour un rack professionnel, comme le Millenium IR-2012 que nous avons déjà évoqué, ou notre LackRack 18U, mais nous avions une autre idée.

Un meuble adapté à un besoin précis, au format « xU » avec une largeur de 451 mm, mais doté de certains éléments fixes pouvant soutenir un poids parfois élevé. Nous avons donc opté pour une création maison, conçue en dalles d'OSB3 (supportant une plus grande humidité) de 16 mm. Un matériau peu coûteux : 9 euros du m².

Quelques découpes à la scie sous table, le meuble était terminé. Attention à bien dimensionner et positionner vos vis (avec pré-perçage), surtout si vous comptez imposer du poids à certains étages. Elles doivent entrer assez dans la planche pour éviter tout problème, être centrées et pas trop larges pour éviter de fendre le bois.

Vous pouvez également opter pour des cales de renfort sous la planche qui supportera tout le poids par sécurité.

Meuble RackMeuble Rack
Notre meuble ici avec un rack Silverstone RM208-Mini... pour un autre projet

Le boîtier rackable : Silverstone CS350, 4U

Notre premier choix a été le plus évident : pour le boîtier, il nous fallait le CS350 de Silverstone. Cette référence est à mi-chemin entre le produit grand public et le serveur rackable tout confort. Elle est ainsi livrée avec des pieds pour être posée sur un meuble. Le constructeur nous a mis un exemplaire à disposition pour ce projet.

Il dispose de cinq baies 3,5" en façade (deux alimentations et cinq ports S-ATA) ventilées (80 mm, 1300 tpm), de nombreuses baies 2,5" internes, une 5,25", un ventilateur de 120 mm avec filtre anti-poussière (magnétique) en façade, de l'USB 3.0 et... de la place. Il faut tout de même respecter certaines contraintes.

La carte mère ne doit pas dépasser le format ATX, la longueur de l'alimentation être au maximum de 250 mm, celle de la carte graphique de 350 mm. Le ventilateur du CPU doit être prévu pour un format 4U : pas plus de 110 mm. C'est le cas de certaines références Noctua. Le processeur choisi étant un bon vieux Core i9-7960X, un NH-U9DX i4 faisait l'affaire. Nous l'avons accompagné de deux NF-A8 PWM pour l'extraction à l'arrière. 

  • Serveur 4U SilverStone GSkill
  • Serveur 4U SilverStone GSkill
  • Serveur 4U SilverStone GSkill

Attention tout de même, l'ensemble est imposant : 440 x 161,2 x 474 mm (de profondeur). Dans un rack, il faudra l'accompagner de rails ou le soutenir puisque, composé d'acier (SECC), il pèse 7,95 kg à vide. Bref, ce boîtier à (presque) tout pour plaire. Reste un point qui en freinera plus d'un, son prix : 290 euros, sans les rails.

Certains lui préfèreront des modèles plus basiques dans les 110 euros à 150 euros. Autre possibilité : opter pour un boîtier classique et le coucher, avec éventuellement des baies extractibles dans les emplacements 5,25" (comptez 130 euros). Ce ne sera pas aussi « propre », mais ça peut être bien plus économique. À vous de voir !

FSP Twins : de la redondance dans votre alimentation (700 watts)

Pour limiter les défaillances, il est possible d'opter pour une alimentation redondante. Une solution que l'on trouve couramment dans les NAS et serveurs en tous genres. Ainsi, si un bloc vient à tomber en panne, le second prend le relais, une alerte sonore étant émise. On peut alors simplement remplacer le bloc défaillant. 

FSP propose par exemple sa gamme Twins, que nous avons utilisée ici. La société a mis à notre disposition un bloc composé de deux modules de 700 watts pouvant être retirés indépendamment de manière simple. Son installation est identique à celle d'une alimentation ATX classique puisqu'elle respecte ce format :

FSP Twins 700WFSP Twins 700W

Lors de notre installation, nous avons dû faire avec le câble ATX 24 broches un peu court pour la carte mère utilisée. Il a fallu acheter une rallonge pour une dizaine d'euros. Notez au passage que les connecteurs en façade du boîtier sont dotés de câbles assez longs, mais de justesse. Les ventilateurs étaient touchés par un problème similaire, mais heureusement, Noctua pense systématiquement à les livrer avec des rallonges PWM.

Petit regret : cette alimentation n'existe pas en version modulaire. Pouvoir retirer des câbles inutilisés aurait facilité la « propreté » de notre installation. Les deux blocs sont certifiés 80PLUS Gold, ils fournissent jusqu'à 51 A sur leur rail 12 V et 20 A sur les 3,3/5 V, ce qui était tout à fait suffisant pour notre besoin.

Un connecteur USB à relier à un header de la carte mère permet d'utiliser le logiciel FSP Guardian permettant de surveiller certaines valeurs en temps réel : rails de tension, température, consommation, etc.

Ne vous attendez pas à du silence. Les blocs utilisés sont compacts, les ventilateurs aussi (40 mm), cela souffle donc. Le bruit est mesuré par rapport à certains serveurs, mais audible. Ce n'est pas un problème dans notre cas, la machine étant destinée à être dans une pièce vide, mais attention si vous comptez l'utilisez dans une pièce à vivre.

Là aussi le tarif risque d'en rebuter certains, puisqu'il faut compter 440 euros. Notez qu'une version Pro est disponible depuis peu. Si vous pouvez tolérer des pannes, vous pouvez opter pour une alimentation classique.

La carte mère : X299 WS/IPMI d'ASRock Rack

Comme évoqué précédemment, nous avons opté pour un Core i9-7960X. Nous avions en effet besoin d'un certain nombre de lignes PCIe pour connecter tous nos SSD et cartes graphiques. Vous pouvez adapter ce choix à vos propres besoins, et regarder du côté des Ryzen/Threadripper par exemple.

Nous avons choisi une carte mère ASRock Rack X299 WS/IPMI (vendue 530 euros), disposant de toute la connectique nécessaire et surtout d'un contrôle distant. Un élément important lorsque la machine est dans une pièce éloignée. Il évite d'avoir à se déplacer pour un redémarrage ou un dépannage.

Là aussi, vous pouvez opter pour d'autres références, comme la TRX40D8-2N2T que nous avons récemment testée.

ASRock Rack X299 WS/IPMIASRock Rack X299 WS/IPMI

Comme évoqué, nous avons rencontré quelques problèmes en raison du positionnement de certains connecteurs, nécessitant une rallonge. On apprécie par contre la multitude de ports S-ATA présents et le positionnement des ports PCIe par couple x8/x16 qui nous a permis d'utiliser le premier connecteur pour nos SSD NMe (4x PCIe 3.0 x4) et les deux autres pour des cartes graphiques (chacune en PCIe 3.0 x8) : des GeForce RTX 3060 Ti et 3070.

Attention au système de refroidissement : les cartes sont proches et peuvent donc vite chauffer. Il faut privilégier des modèles avec une extraction de l'air par l'arrière ou ajouter de la ventilation supplémentaire. Autre possibilité, prendre des cartes n'occupant qu'un port PCIe. On pense aux Quadro de la série 4000 de chez NVIDIA, comme la RTX 4000 que nous avions pu tester... mais nous n'avons pas pu en obtenir quatre pour ce dossier.

Notez que vous pouvez aussi utiliser ces ports PCIe pour des cartes contrôleur, réseau, etc. Selon notre besoin. Enfin, nous avons placé 8x 8 Go de DDR4 signée Kingston. Cela avait deux avantages : profiter des quatre canaux mémoire proposés par le Core i9-7960X, mais également ajouter une touche de LED qui plaira à certains.

Serveur 4U Windows 10

ASUS Hyper M.2 : 4 SSD NVMe dans un seul emplacement PCIe

Dernière pierre à notre édifice : le stockage. Nous avons placé des HDD dans chacune des cages disponibles en façade, ainsi qu'un SSD de 2,5" (500 Go) dans un emplacement interne pour accueillir le système. Pour les usages nécessitant du débit, nous avons placé quatre SSD M.2 au format 2280 dans une carte ASUS Hyper M.2 x16. Nous l'avions payé 53 euros à l'époque mais elle n'est plus disponible désormais. 

La carte mère gérant la bifurcation x4x4x4x4 de ses ports PCIe 3.0 x16, elle peut être utilisée sans problème, avec la solution logicielle VROC d'Intel, actuellement dans sa version 6.3. On peut ensuite utiliser ces SSD indépendamment ou en RAID (logiciel) afin de maximiser les débits ou la redondance des données. 

Rendez-vous dans de prochains articles pour découvrir les performances de la bête !

ASUS Hyper M.2 X16ASUS Hyper M.2 X16

  • Introduction
  • On a même créé un meuble pour ça
  • Le boîtier rackable : Silverstone CS350, 4U
  • FSP Twins : de la redondance dans votre alimentation (700 watts)
  • La carte mère : X299 WS/IPMI d'ASRock Rack
  • ASUS Hyper M.2 : 4 SSD NVMe dans un seul emplacement PCIe
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