Comment débrider facilement le Core i7-11700 et son TDP de 65 watts

Meilleur qu'un Ryzen 5 5600X ?
Comment débrider facilement le Core i7-11700 et son TDP de 65 watts

Si Intel vante ses processeurs Core de 11e génération dans leurs versions les plus excessives, les modèles les plus attractifs sont ailleurs. Surtout que certaines de leurs limitations sont aisées à contourner, en faisant des CPU attractifs, notamment face aux Ryzen 5000 d'AMD. Gare néanmoins à leur consommation !

Intel a récemment mis sur le marché ses processeurs Core de 11e génération (Rocket Lake-S). Comme à son habitude, le constructeur a mis ses processeurs « K » en avant. Débridés pour l'overclocking, ils disposent également d'un TDP plus élevé que d'autres modèles et peuvent donc tenir de hautes fréquences plus longtemps.

Bref, ils sont plus performants... en théorie. Car cet artifice n'est plus vraiment un avantage depuis quelque temps et opter pour un processeur Intel haut de gamme a encore moins d'intérêt sur cette génération... sauf à vouloir grapiller quelques points de performances au détriment de l'efficacité énergétique.

De notre côté, nous avons plutôt opté pour le Core i7-11700 classique, limité à un TDP de 65 watts. Un modèle intéressant car « il a tout d'un grand », pour peu que l'on sache comment contourner certaines de ses limites. On vous explique comment procéder pour en faire un processeur au rapport performances/prix intéressant.

Intel Rocket Lake-S ChipsetsIntel Rocket Lake-S Chipsets

Core i9 « 11e Gen » : quels avantages ?

Dans sa précédente gamme – les Core de 10e génération (Comet Lake-S) – Intel avait procédé à un découpage selon le nombre de cœurs proposés : Core i5 (6C/12T), Core i7 (8C/16T) et Core i9 (10C/20T). Avec Rocket Lake-S, la puce la plus complète est de type 8C/16T seulement. Et encore, au prix d'une partie graphique Xe très réduite.

En effet, dans la déclinaison mobile Tiger Lake, elle comporte jusqu'à 96 unités d'exécution (EU). Ici, c'est 32 au maximum. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le constructeur n'était pas pressé de proposer un pilote graphique aux testeurs et premiers clients. Nous aurons l'occasion de revenir sur le sujet sous peu.

Ainsi, la frontière entre Core i7 et i9 a disparu. Plutôt que de l'assumer et de s'arrêter aux i7 sur cette génération, Intel a choisi de maintenir les i9. Ne pouvant plus jouer sur le nombre de cœurs, la société s'est rabattue sur sa gestion des fréquences, ajoutant de nouvelles couches de Turbo aux précédentes, déjà nombreuses.

Intel Rocket Lake-S Tarifs



Entre Core i7 et i9, de maigres différences... sauf sur les prix

Pour rappel, un CPU Intel est défini par plusieurs valeurs de fréquence. Tout d'abord celle « de base », qui ne correspond à rien de concret puisque le processeur ne descend jamais aussi bas. Elle fait principalement office de valeur nominale, utile à la segmentation marketing. Officiellement, c'est la valeur minimale garantie pour un CPU. 

Puis il y a le Turbo Boost (2.0), donné sous forme de fréquence maximale pouvant être atteinte si le processeur n'est utilisé que sur un cœur. Elle est présente à partir des Core i3. Le Turbo Boost Max (3.0) est en général légèrement supérieur, correspondant à une fréquence pouvant être atteinte par les « meilleurs » cœurs de la puce. Cette fonctionnalité n'est proposée qu'à partir des Core i7.

Puis est arrivé Thermal Velocity Boost (TVB), une solution réservée aux Core i9 qui leur permet d'aller au-delà des valeurs précédentes si le système de refroidissement le permet. Mais l'intérêt est très limité puisque l'on parle de 100 MHz soit un gain de 2 % environ. Sur les Core de 11e génération, il s'agit de la seule technologie différenciant les Core i7/i9 qui partagent les mêmes TDP, valeur de cache, nombre de lignes PCIe, contrôleur mémoire, IGP, etc. 

Ainsi, entre un Core i7-11700K et un Core i9-11900K, il y a 140 dollars d'écart et 100 à 300 MHz dans la fréquence de fonctionnement. Un peu court, surtout pour un modèle facilement overclockable. Intel a donc joué une nouvelle carte, ajoutant une dernière couche de Turbo : l'Adaptative Boost Technology (ABT). 

Adaptative Boost : grosse fréquence à tout prix

Peu documentée, elle est réservée aux Core i9 K(F) de 11e génération et consiste à appliquer la fréquence Turbo Boost 2.0 quel que soit le nombre de cœurs actifs tant que le processeur reste dans certaines limites de courant et température, très élevées. Une manière pour Intel de mettre toutes ses chances de côté face à des processeurs Ryzen 5000 avec 8 cœurs et plus et à l'architecture Zen 3 très efficace. 

La fréquence est l'un des seuls arguments qu'il reste au géant de Santa Clara. Il le sait et n'hésite donc pas à en abuser, même si cela n'a aucun sens du point de vue de l'efficacité énergétique. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder cette vidéo publiée récemment par MSI qui évoque avec Alex Hoyos d'Intel la tension appliquée au processeur, sa consommation et la température atteinte, notamment lorsqu'ABT est actif.

Sur un test comme Cinebench R23, on passe ainsi de 60°C à 85°C, avec une tension qui atteint 1,452 V, contre 1,304 V sans ABT. L'effet sur la consommation (proportionnelle à la fréquence et au carré de la tension) est direct : elle grimpe de 221 watts à 318 watts (+ 44 %). Avec AVX, les chiffres sont encore plus élevés. Tout cela pour 100 à 300 MHz de plus (sur une fréquence de départ de près de 5 GHz). Dès lors, les Core i9 ne semblent pas à privilégier.

  • Core 11e Génération Rocket Lake Adaptative Boost ABT
  • Core 11e Génération Rocket Lake Adaptative Boost ABT
  • Core 11e Génération Rocket Lake Adaptative Boost ABT

Et le Core i7-11700 dans tout ça ?

Nous nous sommes donc penché sur le cas du Core i7-11700, physiquement identique aux i7-11700K et i9-11900(K), et disposant des mêmes avantages pour 323 dollars. Il a néanmoins quelques limitations qui le desservent : une fréquence de base de 2,5 GHz, un Turbo à 4,8 GHz (4,4 GHz sur tous les cœurs) et surtout un TDP de 65 watts.

Dans la pratique, cela signifie qu'il ne peut pas dépasser un certain échauffement thermique et que sa fréquence maximale sera limitée à une valeur (non précisée par Intel) au bout de quelques secondes. Ce délai est connu sous le petit nom de « Tau ». Il est facile à observer : lancez un test sur l'ensemble des cœurs, et un chronomètre.

Selon nos premiers essais, une Core i7-11700 tombe ainsi au bout d'une dizaine de secondes entre 3 GHz et 3,1 GHz. Sa consommation s'en ressent, puisque l'on passe de 225 watts à la prise à moins de 100 watts. Mais le score Cinebench R23 de cette puce se situe aux alentours de 10 000 points, contre 11 000 points pour le Ryzen 5 5600X et un peu plus de 15 000 points pour un Core i7-11700K. Bref, elle est en retrait.

Impossible à overclocker simplement, l'i7-11700 peut néanmoins voir ses performances boostées sans se casser la tête. Car les paramètres de TDP et de Tau peuvent être modifiés dans les BIOS/UEFI de certaines cartes mères. C'est par exemple le cas de la ProArt Z490-Creator 10G d'ASUS que nous avons utilisée pour nos tests. N'hésitez pas à fouiller dans les caractéristiques et manuels des modèles qui vous intéressent pour vérifier si c'est leur cas.

Limite de TDP et Tau : quelques clics et puis s'en vont

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, on peut aisément définir la valeur du TDP avant et après l'expiration du Tau. Par défaut, les valeurs sont de 224 et 65 watts. On peut les augmenter ou les réduire, raccourcir ou allonger le Tau. Cela vous permet d'adapter le comportement du processeurs à différents besoins (silence, performances, etc.).

ASUS BIOS UEFI TDP Tau Intel Rocket Lake-S Core i7-11700ASUS BIOS UEFI TDP Tau Intel Rocket Lake-S Core i7-11700Faire sauter la limite de TDP, c'est une simple valeur à changer

Voici les scores Cinebench R23 et consommations à la prise obtenus par défaut, puis avec une valeur de 320 plutôt que 28 pour le délai, un TDP de 125 watts ou sans limitation de TDP (constamment à 999 watts). Les relevés ne sont pas effectués avec la partie graphique intégrée, mais avec une GeForce GTX 1650 à des fins de comparaison :

  • Par défaut : 10 278 points - 2,41 Wh - 116,37 watts
  • Délai de 320 : 11 785 points - 2,93 Wh - 157,40 watts
  • TDP 125 watts : 13 458 points - 3,36 Wh - 198,43 watts
  • TDP sans limite : 14 139 points - 3,48 Wh - 229,62 watts

Avec cette même configuration, un processeur Ryzen 5 5600X (6C/12T de 3,7 à 4,6 GHz) affiche une puissance moyenne de 125,09 watts, soit une consommation de 2,42 Wh. Son score Cinebench R23 est de 11 040 points. Malgré sa constitution différente, il s'agit donc bien d'un concurrent direct du Core i7-11700. Ce qui se confirme au niveau des prix puisque le Core i7-11700 est disponible dès 410 euros, le Ryzen 5 5600X dès 380 euros.

Le processeur Intel aura pour lui sa partie graphique intégrée qui pourra en intéresser certains et sa capacité à offrir de meilleures performances une fois débridé, sans overclocking particulier, seulement une modification de son TDP. Cela se fera néanmoins au prix d'un rapport performances/watts bien moins avantageux.

Le processeur AMD sera quant à lui un peu moins cher, pouvant fonctionner sur de nombreuses cartes mères AMD déjà sur le marché. Ce sera donc à chacun de faire ses choix en fonction de ses besoins. Mais on espère quand même que les CPU Zen 3 vont rapidement être plus disponibles et à des tarifs plus raisonnables afin de s'afficher comme plus compétitifs. À ce tarif, on apprécierait en effet le 5800X plutôt que le 5600X. 

  • Introduction
  • Core i9 « 11e Gen » : quels avantages ?
  • Adaptative Boost : grosse fréquence à tout prix
  • Et le Core i7-11700 dans tout ça ?
  • Limite de TDP et Tau : quelques clics et puis s'en vont
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