Rocket Lake-S : les processeurs Core de 11e génération en précommande, dès 190 euros

En attendant Alder Lake-S
Rocket Lake-S : les processeurs Core de 11e génération en précommande, dès 190 euros

Un peu moins d'un an après l'annonce des Core de 10e génération pour PC de bureau, Intel les remplace. Une marche forcée qui traduit assez bien l'empressement de la société à passer à autre chose, pour arriver enfin à des puces en 10 nm puis en 7 nm et revenir enfin à la charge face à AMD.

Intel lance aujourd'hui la déclinaison pour PC de bureau de ses processeurs Core de 11e génération, connus sous le nom de code Rocket Lake-S. Il s'agit d'un dérivé de Tiger Lake que l'on trouve dans les PC portables depuis quelques mois, avec les mêmes évolutions au niveau du CPU, un GPU de la génération Xe... mais une gravure en 14 nm.

Nous ne reviendrons pas ici sur les évolutions architecturales auxquelles nous avions consacré plusieurs articles. Avec les cœurs Cypress Cove utilisés ici, comme pour les Willow Cove des puces mobiles en 10 nm SuperFin, le gain en IPC est annoncé comme pouvant atteindre 19 %. Mais cela se fait avec les avantages d'une puce « Desktop ».

Ainsi, les TDP sont plus élevés (jusqu'à 125 watts) et les fréquences suivent la même tendance : jusqu'à 4,7 GHz sur huit cœurs, jusqu'à 5,1/5,3 GHz selon les modes de « Boost ». Contrairement à la génération précédente (Comet Lake-S), aucun modèle à dix cœurs n'est proposé. AMD reste donc le grand gagnant à ce niveau avec ses Ryzen.

Les processeurs Core de 11e génération sont disponibles en précommande, dès 190 euros.

Intel Rocket Lake-SIntel Rocket Lake-S

Tiger Lake adapté aux PC de bureau

Mais Intel compte bien tenter de préserver sa position tout de même, et opère quelques changements. Bien entendu, il y a l'arrivée de la partie graphique Xe (jusqu'à 32 unités d'exécution), plus véloce que celle des APU de son concurrent, mais aussi accompagnée de nombreuses fonctionnalités : (dé)compression vidéo accélérée, calculs OpenCL (même via Blender), outils pour une prise en charge matérielle de certains modèles d'IA, etc.

Ces derniers accompagnent ce qui est intégré au CPU comme DL-Boost/VNNI ou l'unité GNA 2.0 pour les traitements audio à très faible consommation. Un avantage de poids face à AMD et ses Ryzen qui sont dépourvus de telles possibilités, dans ses CPU, ses parties graphiques intégrées ou ses Radeon. 

Ainsi, l'entreprise met en avant des applications comme GigaPixel AI de Topaze (vendue 99 dollars) qui profite des possibilités de ses puces pour augmenter rapidement et avec précision la définition d'une image grâce à l'IA. Notez qu'Adobe a récemment intégré une fonctionnalité similaire à certains de ses outils : Super Resolution. Il sera intéressant de voir comment les CPU d'Intel s'en sortent avec, notamment face à des GPU dédiés. 

Intel Rocket Lake-SIntel Rocket Lake-S

Le moteur vidéo gère désormais l'AV1 10-bits en décompression, le HEVC 12-bits, le HDMI 2.0, la compression HBR3 pour le DisplayPort. 20 lignes PCIe 4.0 sont intégrées plutôt que 16 lignes PCIe 3.0, la fonctionnalité Resizable BAR du PCIe est gérée pour renforcer les possibilités d'adressage mémoire des GeForce et Radeon. 

La connectivité est aussi revue à la hausse. Intel intègre désormais dans sa plateforme tout ce qu'il faut pour que ses partenaires proposent facilement du réseau à 2,5 GB/s, du Wi-Fi 6(E) via CNVi sur tous les nouveaux chipsets de série 500, de l'USB 3.2 2x2 (20 Gb/s), du Thunderbolt 4. Le lien chipset/CPU DMI 3.0 a été doublé (8 lignes).

Rétrocompatibilité et jeu des chipsets

Comme cela avait été annoncé dès le départ : Rocket Lake-S vient avec une bonne nouvelle : il est compatible avec le socket LGA 1200 utilisé pour Comet Lake-S et certains chipsets de série 400. Intel restant Intel, une segmentation est en effet toujours de la partie. Officiellement, les H410/B460 ne sont ainsi pas concernés. Rien ne dit néanmoins que certains constructeurs de cartes mères ne trouveront pas un moyen de rendre cela possible à l'avenir.

Quoi qu'il en soit, trois nouveaux chipsets accompagnent ce lancement : les H510, B560, H570 et Z590. Il ne faut pas s'attendre à des changements majeurs par rapport à la génération précédente. Outre le lien DMI doublé, les cartes mères les utilisant auront parfois accès à des connectiques plus récentes comme l'USB 3.2 à 20 Gb/s (qui n'est pas très intéressant) et au PCIe 4.0. Mais cette dernière possibilité dépendant du CPU, elle pourra aussi être exploitée sur certaines cartes mères équipées de chipset de la série 400. Nous aurons l'occasion d'en reparler sous peu. 

Intel met aussi en avant la possibilité d'overclocker la mémoire ouverte aux chipsets B560 et H570 et des possibilités plus avancées concernant la montée en fréquence. Mais celle-ci ne sera toujours pleinement exploitable que sur les modèles « K », plus chers et dotés d'un TDP supérieur aux autres modèles. 

Intel Rocket Lake-S ChipsetsIntel Rocket Lake-S Chipsets

19 processeurs annoncés, ne soyez pas trop pressés

Car comme à son habitude, Intel a multiplié les références, avec ou sans partie graphique active, avec un TDP plus ou moins élevé, nombre de cœurs, un cache plus ou moins important. Ils sont organisés en trois familles :

  • Core i5 : 6C/12T, 12 Mo de cache
  • Core i7 : 8C/16T, 16 Mo de cache, Turbo Boost Max 3.0
  • Core i9 : 8C/16T, 16 Mo de cache, Turbo Boost Max 3.0 et Velocity Boost

On apprécie néanmoins que toutes ces puces partagent certaines caractéristiques comme les deux canaux de DDR4 à 3,2 GHz, le nombre de lignes PCIe, la présence de certaines fonctionnalités comme DL-Boost, AVX2, QSV, etc. Un niveau supplémentaire de segmentation viendra sans doute avec l'arrivée de modèles inférieurs.

Car pour le moment, on s'arrête aux Core i5, avec seulement les premiers modèles qui ont droit à une puce Xe moins véloce : les i5-11400 qui doivent se contenter d'une UHD Graphics 730 à 24 EU et moins rapide plutôt qu'une 750. Côté tarif, il faut compter de 182 à 262 dollars pour un Core i5, de 323 à 539 dollars pour un Core i7/i9 :

Intel Rocket Lake-S TarifsIntel Rocket Lake-S Tarifs

Une grille tarifaire qui évolue peu par rapport aux habitudes d'Intel. Un choix qui s'explique par une raison simple : le fabricant n'a pas eu à baisser fortement ses prix, puisqu'avec ses dernières générations, c'est AMD qui a rejoint ses pratiques en la matière avec de nouvelles hausses. Les deux concurrents pourraient donc être au coude à coude.

Certains de ces 19 modèles sont proposés en précommande par différents revendeurs, avec une livraison annoncée pour le 30 mars prochain. Les tarifs varient de 190 à 690 euros en France. Lorsqu'ils seront disponibles, il sera temps de les opposer aux Ryzen 5000 d'AMD pour constater les avantages de chacun.

Pour les plus impatients, Anandtech a déjà publié de premiers résultats. Pensez néanmoins à faire preuve de patience si possible, car outre le fait que de nombreux composants sont parfois difficiles à trouver ces derniers temps, ces processeurs pourraient, comme les précédents avoir une durée de vie assez courte.

En effet, Intel travaille déjà depuis longtemps à la relève qui pourrait se faire connaître d'ici la fin de l'année avec Alder Lake-S et son architecture hybride, faite d'une multitude de gros et petits cœurs, gravés en 10 nm.

Un « refresh » de Comet Lake-S à petit prix

Intel fait comme AMD pour l'entrée de gamme et se repose pour le moment sur l'ancienne génération. Ainsi, une version « refresh » de Comet Lake-S est annoncée pour les Pentium Gold et Core i3. Ils sont reconnaissables par le « 5 » à la fin de leur référence. Cette fois, une dizaine de modèles est annoncée, de 64 à 154 dollars.

Intel Comet Lake-S Refresh
  • Introduction
  • Tiger Lake adapté aux PC de bureau
  • Rétrocompatibilité et jeu des chipsets
  • 19 processeurs annoncés, ne soyez pas trop pressés
  • Un « refresh » de Comet Lake-S à petit prix
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