Le fil pilote d'un chauffage électrique, comment ça marche ?

Vous êtes plutôt 4 ou 6 ordres ?
Le fil pilote d'un chauffage électrique, comment ça marche ?

En France, il est courant de trouver des chauffages électriques. Ils sont simples à installer en rénovation, peu coûteux à l'achat et on peut facilement les gérer grâce à leur fil pilote. Mais concrètement, à quoi sert-il ?

À l'heure du tout connecté, on serait tenté de penser que le chauffage électrique est le premier concerné par cette évolution des pratiques. Pourtant, c'est loin d'être le cas. Certes, on commence à voir des modèles embarquant nativement un système de gestion via des API et autres applications, mais c'est encore loin d'être la règle.

Le fil pilote : basique, mais très répandu

Il faut dire que ces appareils sont principalement appréciés pour leur faible coût, ce qui incite à viser l'entrée de gamme comme avec les modèles connectés de GoodHome proposés par Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt). Ou alors à déporter l'intégration de tels gadgets comme Muller Intuitiv en partenariat avec Netatmo (Legrand).

Surtout que cela fait plus de 20 ans désormais que les constructeurs français se reposent sur un système de commande basique mais très répandu : le fil pilote. Il est simple à reconnaître, en général de couleur noire, accompagnant la phase et le neutre servant à l'alimentation de l'appareil (le plus souvent de classe 2, sans terre).

Il s'est rapidement imposé comme un standard dans la construction de bâtiments neufs, dès la fin des années 90, renforcé par l'arrêté du 29 novembre 2000 qui imposait la « réception d'ordres de télécommande pour assurer le fonctionnement en confort, réduit, hors gel et arrêt », qui sont donc au nombre de quatre.

Cela tombait bien, puisque c'est justement ce que proposait le fil pilote, qui est depuis grimpé à six ordres. Mais dans la pratique, comment cela fonctionne et comment l'implémenter dans un système domotique ?

Une question de tension

Vous l'aurez donc compris, le fil pilote n'est pas un dispositif permettant de faire varier la température de consigne ou la puissance du radiateur de manière progressive, mais bien de choisir entre différents paliers. Les quatre ordres de base permettent donc d'éteindre ou d'allumer le chauffage et de fixer une température de consigne.

On commence par celle dite de confort, en général fixée à 19°C. C'est en effet la recommandation minimale de l'ADEME pour une pièce occupée en journée. C'est aussi la valeur maximale de chauffage, fixée réglementairement. Bien entendu, l'utilisateur peut la modifier comme bon lui semble, dans les limites de ce que permet son chauffage.

Le mode réduit ou d'économie, se situe en général 3,5°C en dessous de cette valeur, soit 15,5°C par défaut. Le mode hors gel, lui, revient en général à une consigne de 7°C. Il sert principalement à éviter qu'il ne fasse trop froid dans des pièces non habitées et éviter leur dégradation.

La transmission de ces ordres est assez simple, puisqu'il suffit de fournir (ou non) une tension de 230 V au fil pilote, et éventuellement de la modifier pour n'envoyer que 115V via ses alternances positives ou négatives.

Il aurait semblé logique que l'arrêt et la consigne de température confort se fassent sur la présence ou non d'une tension de 230V classique, mais ce n'est pas le cas. En coupant le signal, on passe simplement du mode confort au mode d'économie. Pour l'arrêt ou le mode hors gel il faut appliquer des demi-alternances :

Fil pilote 4 ordres

Une implémentation à la main, ou via des modules prêts à l'emploi

Elles s'obtiennent par l'ajout de diodes de redressement. Les plus bidouilleurs iront donc ajouter eux-mêmes des diodes 1N4007 à leur installation, que l'on peut trouver pour quelques (dizaines de) centimes. Des petits malins ont d'ailleurs senti le filon et les proposent déjà gainées pour 5/10 euros sur différents sites et places de marché.

On peut également utiliser un module spécifique comme celui de GCE Electronics intégrant deux diodes et pouvant fonctionner avec un relais à deux sorties pour générer les quatre ordres de base. Bien entendu, des constructeurs sont allés plus loin en proposant des modules muraux comme NodOn et son module pour chauffage pilote EnOcean (SIN-2-FP-01). Une version Zigbee pourrait suivre. Pour les adeptes de Z-Wave, il y a le Qubino ZMNHJD1.

D'autres solutions plus classiques, mais d'intégration plus aisée puisque nécessitant un simple réseau Wi-Fi à 2,4 GHz existent également, comme celles des Français de chez Heatzy ou Konyks. Mais elles sont loin d'être parfaites comme nous aurons l'occasion de le voir dans de prochains articles.

Quid des appareils gérant six ordres ?

Ce dernier se distingue d'ailleurs de son concurrent sur un point : il gère six ordres et non quatre. Quelle différence ? Cela ajoute tout simplement deux températures de consigne : Confort -1°C ou Confort -2°C. C'est loin d'être essentiel, mais cela donne une meilleure granularité que certains rechercheront.

Générer ces ordres en « bidouillant » sera moins aisé puisqu'il faut cette fois envoyer un signal plein à 230 V, mais seulement pendant 3 ou 7 secondes, par tranches de cinq minutes. C'est pour cela que vous ne le retrouverez en général que dans certains modules clé en main.

Fil pilote 6 ordres
  • Introduction
  • Le fil pilote : basique, mais très répandu
  • Une question de tension
  • Une implémentation à la main, ou via des modules prêts à l'emploi
  • Quid des appareils gérant six ordres ?
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