SSD XLR8 CS3030 PNY de 500 Go : jusqu'à 3,5 et 2 Go/s, vraiment ?

Quid du cache SLC ?
SSD XLR8 CS3030 PNY de 500 Go : jusqu'à 3,5 et 2 Go/s, vraiment ?

Le marché des SSD NVMe au format M.2 est en pleine explosion grâce à la baisse des prix... mais aussi la généralisation de puces Flash TLC/QLC qui réservent leur lot de surprises en écriture. Aujourd'hui, attardons-nous sur le cas du XLR8 CS3030 de PNY.

Si PNY était au départ connu surtout pour ses cartes graphiques, le constructeur étant partenaire de NVIDIA pour ses Quadro notamment, il s'est largement diversifié depuis. Notamment dans le domaine de la mémoire puis du stockage, où il est présent en force ces dernières années. Surtout grâce à des modèles à petit prix.

Mais on l'a vu avec le flou qui entourait les caractéristiques de son SSD CS900, cela ne se fait pas toujours de la meilleure des manières. Dans le cadre de notre série d'articles sur des modèles M.2 de 500 Go, nous nous sommes penchés sur un SSD PNY qui n'est pas totalement un modèle d'entrée de gamme puisqu'il est estampillé XLR8. 

Il s'agit en effet de l'offre « Gamer », qui doit donc offrir un certain compromis entre petit prix et performances. Le CS3030 est donc un modèle M.2 NVMe (1.3) au format 2280. La version de 500 Go que nous avons commandé et testé annonce pas moins de 3,5 Go/s en lecture et 2 Go/s en écriture. Il est vendu 80 euros environ, parfois moins.

Il est présenté par le site de PNY comme « conçu avec le même niveau de qualité et de durabilité que celui dont nos consommateurs ont bénéficié avec le CS900 SSD », ce qui a attisé notre curiosité. Surtout que les caractéristiques affichées sur cette page sont pour le moins assez floues. Voici ce que nous pouvons vous en dire.

Flash 3D NAND, et après ?

Heureusement, la fiche technique complète va plus loin que le simple « 3D Flash Memory » du site. On regrette à nouveau que l'ensemble des informations essentielles à connaître n'y soit pas présente.

On apprend ainsi qu'il s'agit bien de puces TLC (trois bits par cellule) avec une endurance de 800 To écrits (TBW). Passé ce cap ou un délai de 5 ans, la garantie expire. Cette valeur est plutôt élevée pour de la TLC, et c'est donc une bonne nouvelle. Pour rappel, dans le cas du WD Blue SN550 elle n'était que de 300 To à capacité équivalente.

Comme ses concurrents, PNY fait l'impasse sur la question du cache SLC, aucun de ces termes n'est d'ailleurs présent tant sur son site que dans son document technique. Le manque de transparence est donc là aussi de mise. Nous verrons lors des tests comment se comporte ce SSD lors d'écritures de grandes quantités de données.

PNY CS3030 500 GoPNY CS3030 500 Go

Phison et Kingston aux manettes

Le modèle que nous avons reçu (M280CS3030-500-RB) affiche un PCB plein d'un seul côté, les puces étant cachées derrière un autocollant. Une fois retiré on découvre un contrôleur PHISON PS5012-E12, une mémoire cache Kingston de 256 Mo D1216ECMDXGJD et quatre puces Flash marquées IA5AG64AVA, sans marque particulière.

Ce SSD exploite donc une interface PCIe 3.0 x4 (jusqu'à 4 Go/s). Sa consommation n'est pas précisée, PNY se contentant de lister les fonctionnalités d'économie d'énergie PCIe gérées (APST, ASPM et L1.2).

Nous l'avons installé sur notre plateforme de test de référence avec une carte mère Gigabyte X570 Aorus Master, un Ryzen 5 5600X, 128 Go de DDR4 et un SSD PCIe 4.0 de 2 To. Commençons par les habituels CrystalDiskMark 8.0 et ATTO :

PNY XLR8 CS3030 500 Go Crystal Diskmark 8.0PNY XLR8 CS3030 500 Go ATTO 4.0

Comme souvent, les chiffres sont conformes à ce qui est annoncé, avec un maximum aux alentours de 3,1 Go/s en lecture et 2,4 Go/s en écriture sous CrystalDiskMark. Les résultats d'ATTO sont légèrement en dessous, mais permettent de voir que de bonnes performances sont atteintes dès une taille de fichier de 64 ko. 

En tout état de cause, on se retrouve systématiquement au-dessus du Blue SN550 de Western Digital. Lors de nos tests et même sur de plus gros transferts, nous n'avons pas relevé de problème de chauffe particulier avec ce SSD. Au repos il était à 27°C, dans les 43/44°C en lecture, jusqu'à 54°C en écriture.

Passons maintenant à un test un peu plus pratique avec le transfert de 62,9 Go de gros fichiers (4 à 9 Go) depuis la mémoire, en lecture puis en écriture. Pour cela, nous utilisons OSFMount :

PNY XLR8 CS3030 500 Go LecturePNY XLR8 CS3030 500 Go Ecriture
Les performances en lecture puis en écriture via une simple copie de fichiers sous Windows 10

En lecture, on est limité à un débit de 1,6 Go/s, de manière assez stable. On est là aussi un peu au-dessus du SN550. Mais là où le CS3030 se démarque, c'est en écriture avec un cache SLC présent, mais offrant de meilleures performances globales. Il n'expire qu'à partir de 33 Go environ, et affiche des débits de 520/540 Mo/s ensuite.

Certes, on a bien « jusqu'à six fois les performances d'un SSD S-ATA », mais passé quelques secondes, on se retrouve avec des débits identiques. La taille du cache SLC ne varie pas avec le taux d'occupation du SSD. Pour un transfert complet des données, 74 secondes sont nécessaires, soit un débit moyen de 870,4 Mo/s.

Un bon SSD NVMe à petit prix

PNY est comme ses concurrents : imparfait dans la façon de présenter ses derniers SSD. Contrairement à Western Digital, il précise bien que son XLR8 CS3030 utilise des puces TLC, mais il n'explicite pas le fonctionnement du cache SLC. Ainsi, le client n'a aucun moyen de savoir à quoi il s'attend lorsqu'il achète ce produit. 

On apprécie néanmoins plusieurs points sur ce SSD. Tout d'abord son endurance de 800 TBW, plus élevée que ce que l'on voit ailleurs, surtout sur un produit « pas cher ». Ses performances sont également meilleures qu'un modèle tel que le Blue SN550, que ce soit les débits avant ou après l'expiration du cache SLC ou la taille de celui-ci.

Il pourra donc être un bon choix, surtout si vous arrivez à l'obtenir lorsqu'il est en promotion, pour peu que vous n'ayez pas besoin d'un débit stable au-delà de 33 Go en écriture. Ce qui prouve que l'économie de puces effectuées par Western Digital sur son SN550, qui lui permet d'être un peu moins cher, n'a pas que des avantages.

Outre le fait qu'elle n'ait pas été utilisée pour réduire la taille du produit, elle se fait au détriment des performances. Ce sera à chacun de décider s'il préfère économiser une dizaine d'euros ou gagner en garantie et en débit.

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