SSD M.2 (NVMe) WD Blue SN550 de 500 Go : un PCB vide, pour quelles performances ?

Flou et cache SLC au programme
SSD M.2 (NVMe) WD Blue SN550 de 500 Go : un PCB vide, pour quelles performances ?

Le prix des SSD n'a cessé de dégringoler cette année et même les modèles M.2 (NVMe) deviennent abordables. Mais faut-il pour autant craquer ? Car derrière la débauche de Go/s annoncés se cache parfois une réalité peu reluisante. Pour le savoir, nous avons acheté un Blue SN550 (500 Go) de Western Digital à petit prix.

Cette année 2020 aura été marquée par de nombreuses annonces dans le domaine des SSD. Mais elle aura aussi été celle où la barre des 75 euros par To aura été franchie sur le plan tarifaire. Le symbole d'une baisse des prix continue, qui ne touche pas que les modèles classiques au format 2,5" avec connecteur S-ATA. 

Les modèles M.2 profitant du protocole NVMe et du PCIe, bien plus rapides, sont aussi concernés. On peut ainsi en trouver aux alentours de 100/110 euros par To au gré des bons plans. C'était le cas du Blue SN550 de Western Digital (WD) lorsque nous l'avons commandé : il était en promotion à 53 euros, contre un peu moins de 70 euros désormais.

L'occasion de voir si une référence récente, mais d'entrée de gamme, est désormais convaincante. Car par le passé nous avons parfois rencontré des SSD aux performances peu reluisantes dès lors que l'on sortait des benchmarks.

Un problème de transparence évident

Et face à cela, Western Digital ne fait rien pour rassurer. Officiellement, le SN550 est un SSD exploitant des puces de flash 3D NAND à 96 couches, TLC. C'est en tout cas ce qu'en dit Anandtech, en général bien informé.

Pour autant, le constructeur ne mentionne cette caractéristique ni dans sa fiche technique, ni sur sa boutique, ni dans son communiqué de presse d'annonce. On ne sait rien des puces utilisées. Elles sont marquées d'une référence 60523 512G ne renseignant que sur leur capacité. Celle du contrôleur (20-82-10023-A1) ne renvoie à aucune fiche technique.

WD Blue SN550 500 GoWD Blue SN550 500 Go

À croire que les récents scandales dans le domaine des disques durs, avec des constructeurs jouant sur le flou des caractéristiques annoncées (ici ou ) en trompant parfois le consommateur n'a pas servi de leçon à la marque. Le type de puce utilisée, caractéristique essentielle d'un SSD devrait être systématiquement mentionné.

Le fonctionnement de son cache devrait aussi être détaillé. Car les 2,4 Go/s en lecture et les 1,75 Go/s en écriture annoncés ne disent pas tout des performances d'un tel produit. Les puces TLC peuvent contenir jusqu'à trois bits par cellules. Mais écrire de la sorte se fait lentement. Ainsi, par défaut le SSD se comporte comme un modèle SLC.

Un seul bit est alors écrit par cellule tant que cela est possible pour maximiser les performances, les données sont réorganisées ensuite. C'est pour cela que l'on parle en général de « Cache SLC ». Mais ce stratagème ne fonctionne qu'un temps, qui dépend du modèle, du contrôleur, du constructeur. Ici, aucun détail n'est donné. 

Au final, la fiche technique nous apprend seulement que le SSD peut grimper à 300 kIOPS en lecture et 240 kIOPS en écriture de données 4K aléatoires, et que son endurance est de 300 To écrits (TBW ou ToW). Un chiffre représentatif de ce qu'il faut attendre avec des puces TLC, qui sert également de limite à la garantie. Sinon, elle est de 5 ans.

Un PCB vide des performances conformes dans les benchmarks

Le modèle que nous avons reçu (WDS500G2B0C) se distingue par un premier point : bien qu'il soit au format M.2 2280 (NVMe 1.4), il est bien trop grand pour les puces qu'il héberge. Le contrôleur est compact, les 500 Go de stockage tenant dans une unique puce. Tout le reste du SSD est dépourvu de composants. Il pourrait donc être bien plus petit.

Il exploite une interface PCIe 3.0 x4 (jusqu'à 4 Go/s). Sa consommation est donnée pour 5 et 20 mW selon ses états de veille, jusqu'à 3,9 watts à son utilisation maximale. Nous l'avons installé sur notre plateforme de test de référence avec une carte mère Gigabyte X570 Aorus Master, un Ryzen 5 5600X, 128 Go de DDR4 et un SSD PCIe 4.0 de 1 To.

Commençons par les habituels benchmarks, CrystalDisk Mark 8.0 et ATTO :

WD Blue SN550 500 Go CrystalDiskMark 8WD Blue SN550 500 Go ATTO 4

Comme on peut le voir, les performances annoncées sont bien tenues. Les débits mesurés sur des transferts aléatoires de petits fichiers sont d'un bon niveau. De son côté, ATTO atteint le plein potentiel du SSD, vers des transferts de 256 ko. On arrive alors à 2,3 Go/s en lecture et 1,6 Go/s en écriture.

Lors de nos tests et même sur de plus gros transferts, nous n'avons pas relevé de problème de chauffe particulier avec ce SSD. Au repos il était à 29°C, en pleine charge dans les 41/42°C.

Un cache SLC de 14 Go

Passons maintenant à un test un peu plus pratique avec le transfert de 62,9 Go de gros fichiers (4 à 9 Go) depuis la mémoire, en lecture puis en écriture. Pour cela, nous utilisons OSFMount :

WD Blue SN550 500 Go LectureWD Blue SN550 500 Go Ecriture
Les performances en lecture puis en écriture via une simple copie de fichiers sous Windows 10

Comme on peut le voir, en lecture on est ici limité à 1,6 Go/s. Lors d'autres tests, nous avons effectué des relevés jusqu'à 2 Go/s. C'est moins qu'annoncé, mais tout de même assez élevé. En écriture par contre, c'est une autre histoire.

Comme on pouvait s'y attendre, il y a bien un cache SLC et sa taille est plutôt réduite, aux alentours de 14 Go. Il n'est donc pas très évolué, son comportement est identique si le SSD est vide ou contient plusieurs centaines de Go de données. Dès le cap passé, on tombe à un peu plus de 420 Mo/s environ, et on y reste.

Ainsi pour un transfert complet des données, 129 secondes sont nécessaires, soit un débit moyen de 499,4 Mo/s.

Un SSD correct pour son prix, mal présenté

Comme souvent avec les SSD NVMe, le regret n'est pas tant le niveau des performances du SSD que le décalage avec les chiffres mis en avant par le constructeur. Certes, on obtient le résultat promis dans les benchmarks, mais ce sera l'un des seuls cas où cela se vérifie. Surtout en écriture. 

Ainsi, bien que non évoqué par Western Digital, un cache de 14 Go environ est ici présent. Si vous effectuez des transferts inférieurs, vous ne verrez rien : le débit constaté sera bien aux alentours de 1,6 Go/s. Sinon, vous serez plutôt dans les 400/500 Mo/s. Le problème étant que le constructeur ne le mentionne jamais dans ses caractéristiques.

Une situation qui n'est pas propre à Western Digital, puisque ses concurrents font presque tous la même chose, lorsqu'ils ne vont pas jusqu'à changer le type de mémoire Flash en cours de route. Mais ce n'est pas acceptable pour autant, car le consommateur n'a aucun moyen de savoir réellement ce qu'il achète. 

Ainsi, si vous cherchez un SSD NVMe à petit prix, qui offrira de bons débits tant qu'il n'est pas trop sollicité, ce Blue SN550 pourra faire l'affaire. Si vous effectuez régulièrement de gros transferts, regardez plutôt du côté de modèles S-ATA qui fourniront 500 Mo/s de manière constante, tout en étant plus abordables.

On regrettera au passage que le format M.2 2280 soit toujours la norme, alors que de tels SSD montrent que l'on pourrait aisément se limiter à du 2260 ou du 2242. Espérons aussi que cela changera dans les mois à venir.

  • Introduction
  • Un problème de transparence évident
  • Un PCB vide des performances conformes dans les benchmarks
  • Un cache SLC de 14 Go
  • Un SSD correct pour son prix, mal présenté
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