Apple Developer Transition Kit : benchmarks interdits pour son Mac mini avec SoC A12Z Bionic

Même pas un petit rendu Blender ?
Apple Developer Transition Kit : benchmarks interdits pour son Mac mini avec SoC A12Z Bionic

Le grand saut commence ! Apple a officialisé hier soir la transition de sa gamme Mac vers des puces maisons basées sur une architecture ARM. Elle durera deux ans. Un kit à 500 dollars est d'ores et déjà proposé aux développeurs... avec quelques surprises.

Il y a 14 ans, Apple dévoilait un Developer Transition Kit (DTK) à 999 dollars. Il s'agissait alors d'une machine à base de processeur Intel : un Pentium 4 à 3,6 GHz accompagné de 1 Go de SDRAM. Le tout contenu dans un châssis modifié de Power Mac G5. Hier, c'est une machine bien différente qui a été mise en avant. 

Un Mac mini ARM pour les développeurs avec SoC A12Z Bionic

En effet, alors que nombreux sont ceux à attendre un renouvellement du Mac mini à travers la nouvelle gamme ARM d'Apple, c'est ce format qui a été choisi pour équiper les développeurs.

On y trouve un SoC Apple A12Z Bionic, 16 Go de mémoire, 512 Go de stockage (SSD), deux ports USB Type-C (10 Gb/s), deux Type-A (5 Gb/s), un HDMI 2.0, du Wi-Fi 5, du Bluetooth 5.0 et un connecteur réseau à 1 Gb/s. Une connectique récente, sans être exceptionnelle : on note l'absence de ports Thunderbolt par exemple, et de détails sur le type de mémoire/stockage utilisé. Tout cela devrait rapidement être connu.

L'A12Z Bionic intègre 4+4 cœurs CPU : Vortex à 2,5 GHz pour la performances, Tempest à 1,6 GHz pour l'économie d'énergie. Tous deux sont basés sur ARMv8.3-A. Son GPU intègre 8 groupes d'unités (A12). Son TDP n'est pas connu. Il est en général utilisé avec de la LPDDR4X. 

Ce n'est pas le SoC 64 bits le plus récent ou le plus performant d'Apple. Utilisé dans les iPad Pro 2020, il a un grand frère depuis la fin de l'année : l'A13 Bionic des iPhone 11 (Pro/Max). 

Apple ARM Developer Transition KitApple ARM Developer Transition Kit

Mac ARM : GPU or not GPU ?

Dans tous les cas, cela ne préfigure pas de l'équipement des prochains Mac, qui pourront utiliser un SoC de génération ultérieure, avec bien plus de cœurs et une organisation différente, une dissipation active (notamment sur des machines de bureau) et des caractéristiques plus avancées (Wi-Fi 6, USB4, PCIe 4.0, etc.).

On note d'ailleurs une grande inconnue dans le discours d'Apple : qu'adviendra-t-il des GPU d'AMD ? Si tout le monde s'est focalisé sur l'arrêt à terme des processeurs Intel, on oublie que l'arrivée de SoC maison signifie aussi l'utilisation de leur partie graphique intégrée, alors que les cartes graphiques du marché sont pensées et développées pour un écosystème x86. AMD suivra-t-elle Apple dans cette voie  ?

Difficile à dire pour le moment, aucun des deux partenaires ne s'étant exprimé sur le sujet. Cela demanderait dans tous les cas une grande évolution de la couche logicielle du constructeur.

Pour rappel, NVIDIA a de son côté déjà amorcé une transition vers ARM, proposant ses propres puces depuis des années sur plusieurs marchés d'intégration (véhicules autonomes, robotique, santé, etc.) et ses kits de développement Jetson. CUDA est exploitable sur ces architectures.

Elle doit permettre notamment l'utilisation de ses GPU dans des serveurs à base de SoC ARM si cet usage venait à se développer. Pour le moment, c'est toujours x86 qui a néanmoins sa faveur. Des processeurs EPYC sont ainsi intégrés à ses derniers serveurs DGX à base de GPU Ampere (A100).

Pas un mot, pas de benchmarks, une machine à renvoyer

Proposé pour 500 dollars, ce DTK impose le respect de conditions strictes. Apple précise même qu'il faudra le retourner puisqu'il reste sa propriété. On ne sait pas encore si le kit donnera droit, comme avec le kit Intel de 2005, à une machine offerte ou à tarif réduit lorsque les Mac ARM seront mis sur le marché.

Dans les conditions de son programme Universal App Quick Start, il est également précisé qu'il est formellement interdit de lancer ou diffuser le moindre test de performances. L'entreprise va plus loin, indiquant que les développeurs sélectionnés ne devront pas « montrer, faire la démonstration, filmer, photographier, effectuer des dessins ou des rendus » du DTK. Pas plus que d'en parler à des tiers ou le modifier, décompiler/analyser ses applications, etc.

Cela empêchera-t-il des petits malins d'accéder à cette machine pour y lancer un rendu Blender ou un 3DMark et publier leurs résultats ? Nous le saurons bien assez vite. 

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  • Pas un mot, pas de benchmarks, une machine à renvoyer
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