GeForce Now : du projet GRID à l'offre commerciale, une lente évolution

Et quelques erreurs de parcours
GeForce Now : du projet GRID à l'offre commerciale, une lente évolution

Le « Cloud Gaming » est tout sauf une nouveauté. Certains acteurs se sont d'ailleurs déjà cassé les dents sur ce marché il y a quelques années. Si NVIDIA a cru tôt dans les possibilités du GPU dans les datacenters, il a dû adapter ses technologies et ses offres aux tendances du moment, jusqu'à la nouvelle version de GeForce Now.

Si les offres de « Cloud Gaming » et autres PC haut de gamme sont désormais à la mode dans les médias, il y a un acteur qui avait misé gros sur de telles solutions alors que peu y croyaient : NVIDIA.

Le GPU dans le cloud, un projet de longue date

Le père des GeForce travaille en effet depuis une dizaine d'années sur l'utilisation des GPU depuis des serveurs distants, dans un environnement virtualisé. Un projet connu sous le petit nom de GRID, qui avait été annoncé publiquement en mai 2012 avec la plateforme VGX.

Il s'agissait alors d'une Tesla K10 permettant déjà à l'époque à jouer sur un PC peu puissant ou d'utiliser Windows sur un iPad. Les enjeux techniques étaient alors déjà posés : latence, compression du flux vidéo, qualité d'image, synchronisation, etc. GRID était un début de réponse et une première solution fonctionnelle.

Comme souvent chez le constructeur, ce projet était une vision à long terme qui n'a jamais quitté les projets de la société depuis. En 2013 les racks GRID étaient lancés, suivis de la première Shield en 2014 sous la forme d'une manette. Vous connaissez la suite : la tablette, la console sous Android TV... puis l'évolution de GeForce Now.

Comme nous l'écrivions en 2015, l'avenir de NVIDIA passera en partie par les offres de streaming sur le marché grand public. C'est déjà le cas pour son offre professionnelle où la société propose GRID à de nombreux grands comptes, mais aussi aux entreprises de manière plus classique avec son offre vGPU

PC, consoles et jeux dans le cloud : ça va se généraliser

La tendance actuelle ne fait que valider cette prévision, tous les grands du secteur allant dans ce sens. Avec Stadia, Google ne fait qu'annoncer la couleur : il en profitera pour se faire une place dans le très lucratif secteur du jeu vidéo et sa part du cloud gaming, qui sera d'ici quelques années un marché à plusieurs millions (milliards ?) de dollars. 

Cela ne signifie pas la mort des consoles ou des PC. Comme souvent, une rupture technologique aboutit non pas à un remplacement, mais à un nouvel équilibre. Avec la montée du très haut débit fixe et mobile, des abonnements, la volonté de réduire la consommation locale des machines, le streaming va prendre une place plus importante dans notre quotidien. Mais il ne sera pas la solution à tous les problèmes, ni utile dans toutes les situations. 

GeForce Now : une douloureuse mutation

La réponse de NVIDIA est GeForce Now. Le constructeur ne pouvant proposer de solution tout-en-un pour les consoles, à part pour des projets spécifiques tels que la Switch de Nintendo, il continue de miser depuis des années sur le marché PC pour séduire les joueurs. Mais certains d'entre eux ne peuvent être touchés par une telle approche.

Le PC reste un produit lourd à l'achat, à l'utilisation, dans son entretien et son évolution. C'est ce qui a guidé de nombreux utilisateurs vers les consoles. C'est ce qui fera une partie du succès de solutions telles que Stadia ou Shadow qui sont bien plus clé en main. C'est là que l'idée de GeForce Now est née.

Le service a vu le jour avec la Shield TV en 2015. Il s'agissait alors de permettre d'acheter des jeux depuis la console, d'y jouer instantanément sur sa TV, tout en disposant d'un code activable sur Steam qui était partenaire de l'initiative. On pouvait aussi opter pour un abonnement mensuel avec un accès illimité à certains titres en streaming. L'idée était bonne, mais encore très imparfaite. Elle a mis cinq ans à mûrir.

Un processus... itératif

Le constructeur a rapidement compris qu'il fallait proposer GeForce Now sur Mac et PC. Il est depuis peu accessible sur les smartphones Android, rien n'ayant été annoncé pour les navigateurs ou iOS pour le moment. Mais le point le plus complexe a été l'évolution du modèle économique. 

La société a un temps pensé à faire payer à l'usage à l'heure (voir l'image en tête d'article), une folie. Surtout qu'en France, Shadow se lançait à 30/40 euros par mois, autant dire que la confrontation des deux modèles aurait été dramatique pour NVIDIA. L'idée fut abandonnée.

Le GeForce Now de la Shield TV et celui pour Mac PC ont été fusionnés, rendus gratuit jusqu'à nouvel ordre. Ils n'étaient accessibles que via un programme bêta ouverte mais limité à 300 000 utilisateurs.

Puis sans doute poussé par la multiplication des solutions concurrentes, le père des GeForce a décidé de trancher. Un modèle économique a été acté. L'offre commerciale et technique finalisée. Le lancement programmé pour ce soir. Des fuites de dernière minute ont eu lieu, mais elles n'avaient pas raison sur tous les aspects.

Et ensuite ?

Maintenant, une période d'un an s'ouvre pendant laquelle GeForce Now est proposé sous la forme d'un service Freemium avec une offre payante à 5,5 euros par mois. Pendant cette période, nombreux sont les concurrents qui vont se lancer, se renforcer. Les nouvelles consoles vont arriver, le marché va être complètement chamboulé. 

Surtout, NVIDIA et AMD lanceront de nouveaux GPU pour PC, Intel entrera dans la danse. En 2021, les cartes seront rebattues, GeForce Now devra à nouveau évoluer. Pour le meilleur, ou pour le pire ? Nous le découvrirons alors. On pourra alors dire si le pari fait par Jen Hsun Huang et ses équipes il y a dix ans aura été payant ou non.

  • Introduction
  • Le GPU dans le cloud, un projet de longue date
  • PC, consoles et jeux dans le cloud : ça va se généraliser
  • GeForce Now : une douloureuse mutation
  • Un processus... itératif
  • Et ensuite ?
S'abonner à partir de 3,75 €
5 commentaires
Avatar de Stanny Abonné
Avatar de StannyStanny- 04/02/20 à 21:36:30
#1

Premier essai aujourd'hui de l'offre gratuite
Le soft me propose 1280x800 à 30fps, latence de 80ms entre Rennes et Paris (ftth), je vais attendre un peu pour recommencer =)

Avatar de Tohrnoriac Abonné
Avatar de TohrnoriacTohrnoriac- 05/02/20 à 09:39:05
#2

4ms de latence mesurée pour le test réseau à l'instant (et depuis que je suis au programme beta, j'ai jamais eu de grosses latences)
le soucis ne viendrait pas de ton FAI ?

Avatar de pInUS Abonné
Avatar de pInUSpInUS- 05/02/20 à 14:54:05
#3

J'étais dans le betatest depuis un petit mois et j'ai pris les 3 mois gratuits résiliables. J'ai maintenant droit à une RTX, ce qui n'était pas le cas lors de la beta en ce qui me concerne.
Ça manque de jeux dans le catalogue pour l'instant, à voir par la suite.
Pas de latence dérangeante sur ma connexion VDSL2 (je suis en Belgique).
Par contre, au niveau de la qualité d'image, je vois quand même assez bien la compression, par rapport au même jeu sur un PC local. J'attends une activation de Shadow pour pouvoir comparer les rendus.

Quelqu'un a de vraies comparaisons sur la réduction de la consommation énergétique ?
Évidemment, du côté utilisateur, ça consomme moins de jouer sur une box Android ou un portable ne consommant pas trop, mais quand on additionne ça à la connexion internet et à l'utilisation du serveur, la balance énergétique est-elle vraiment positive ?

Avatar de Myrddinlefou Abonné
Avatar de MyrddinlefouMyrddinlefou- 05/02/20 à 20:38:07
#4

C’est effectivement sur la consommation énergétique que j’ai personnellement de gros doute. Quelqu’un a vu des données un peu fiable là dessus ?

Avatar de googfrgo INpactien
Avatar de googfrgogoogfrgo- 06/02/20 à 12:52:09
#5

Bah on parle d'économie énergétique pour l'utilisateur final uniquement j'imagine

Il n'est plus possible de commenter cette actualité.

2000 - 2020 INpact MediaGroup - SARL de presse, membre du SPIIL. N° de CPPAP 0321 Z 92244.

Marque déposée. Tous droits réservés. Mentions légales et contact