SSD CS900 de 960 Go : PNY annonce de la flash TLC, mais utilise de la QLC

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SSD CS900 de 960 Go : PNY annonce de la flash TLC, mais utilise de la QLC

Peut-on vendre un SSD à base de flash QLC et annoncer qu'il contient de la TLC ? PNY semblait penser que oui, jusqu'à ce que nous découvrions ce qui se cache derrière la coque de son SSD CS900 de 960 Go. Si le constructeur a mis à jour son site suite à nos questions, il reste assez discret sur ce que contient son produit.

Ces dernières années, les SSD sont devenus de plus en plus abordables. Ils ont récemment passé la barre des 0,1 euro le Go pour des modèles S-ATA au format 2,5", ce qui s'accentue parfois avec les promotions spécifiques à certains modèles. À ce petit jeu, certains sont meilleurs que d'autres.

Les plus attentifs auront remarqué que les CS900 de PNY sont dans les modèles les moins chers. Ils sont proposés en quatre déclinaisons : 120, 240, 480 et 960 Go. Ils sont annoncés par le constructeur comme utilisant de la mémoire TLC, avec des débits en lectures compris entre 515 et 535 Mo/s, en écriture entre 490 et 515 Mo/s.

Mais PNY livre assez peu de détails complémentaires sur leurs caractéristiques techniques : combien d'IOPS peuvent-ils gérer, quelle est leur endurance, etc. Nous avons donc décidé de creuser un peu en achetant plusieurs exemplaires dans le commerce afin de nous faire une idée.

Une composition peu détaillée... et parfois des puces QLC

Nous avons alors trouvé un SSD 2,5" d'entrée de gamme classique : coque en plastique de 7 mm d'épaisseur, PCB miniature et contrôleur Phison PS3111-S11-13.

Seules quatre puces de flash NAND l'accompagnent, aucun cache n'est présent. Dans le cas des SSD de 240 Go, elles ne mettent pas en avant une particulière et affichent seulement la référence TG19G53BIV C118160. Selon nos recherches, on les trouve sur d'autres SSD TLC d'entrée de gamme.

Mais pour le modèle de 960 Go, vendu actuellement dans les 85 euros, nous avons trouvé des puces Micron avec un simple code affiché dessus : NW946. En utilisant l'outil fourni par la marque. On s'étonne alors de leur référence complète : MT29F2T08GEHAFJ4. Il s'agit en effet de puces de 2 Tb (256 Go) utilisées dans des SSD... QLC.

SSD PNY CS900 PCBSSD PNY CS900 PCB
Un SSD PNY de 240 Go à base de flash TLC (à gauche), un modèle de 960 Go à base de flash QLC (à droite)

Une différence qui n'a rien d'anodin

C'est le cas du P1 de Crucial, où elles sont utilisées avec un contrôleur Silicon Motion, elles affichent alors un débit de plusieurs Go/s au compteur. Mais pour rappel, la QLC permet l'écriture de quatre bits par cellules, contre trois pour de la TLC. Cela améliore leur densité mais complexifie l'écriture fiable des données.

Avec seize niveaux de tension possible, le niveau d'erreur peut être élevé. Il faut donc une correction d'erreur (ECC) plus forte, impactant les performances en écriture. Les performances en lecture sont par contre très bonnes. Un défaut en général compensé par un « cache SLC » qui consiste à n'écrire qu'un bit par cellule tant que possible.

Micron QLC

Sur un SSD 660p de 1 To d'Intel, il est par exemple de 140 Go lorsqu'aucune donnée n'est présente, mais de 12 Go seulement lorsque le SSD est rempli à plus de 75 %. Sur un P1 de Crucial de 1 To (utilisant deux modules de 512 Go) nous avions relevé des performances tombant à moins de 100 Mo/s en écriture hors du cache SLC.

Autre incidence : l'endurance de ces puces flash est réduite puisqu'elles sont bien plus sollicitées. Une information en général communiquée par les constructeurs en TBW (To pouvant être écrits), elle est même parfois utilisée comme une limite de garantie. Cette information n'est malheureusement pas communiquée par PNY pour ses CS900.

PNY confirme...

Autant dire qu'une telle différence ne peut donc pas être considérée comme anodine, surtout que le contrôleur Phison utilisé est prévu uniquement pour de la SLC, MLC et TLC. PNY confirme pourtant notre découverte, précisant avoir utilisé de la TLC au lancement du produit mais être « passé à de la QLC pour des raisons d’approvisionnement ».

Si l'on peut comprendre qu'un constructeur change de marques ou de modèle au sein d'une même gamme de puces pour s'adapter à des contraintes industrielles, tant que les performances n'évoluent qu'à la marge, cela ne devrait pas se faire sous un même nom si on trouve une telle différence technique.

Un souci déjà rencontré sur d'autres marchés, comme les puces de mémoire sur les cartes graphiques ou les dalles de téléviseurs et de moniteurs. 

... et met à jour son site

D'autant que le site de PNY ne reflétait pas cette modification, continuant d'évoquer un SSD TLC. Sa fiche technique au format PDF était plus floue, mentionnant de la 3D NAND et ne faisant référence à de la TLC pour les modèles de 120 à 480 Go. Résultat, tous les revendeurs affichent de la TLC pour ce produit et non de la QLC.

Le constructeur a néanmoins été rapide à réagir. Outre sa réponse, il a mis à jour son site très rapidement... pour retirer la mention de puces TLC, sans parler de QLC. Nous avons demandé si d'autres modèles de la gamme étaient concernés, sans réponse pour le moment.

Reste à connaître les performances de ce SSD de 960 Go dans différentes conditions. L'utilisation de telles puces dans un simple SSD S-ATA sera-t-elle un problème ?

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Le site de PNY avant, puis après nos questions

  • Introduction
  • Une composition peu détaillée... et parfois des puces QLC
  • Une différence qui n'a rien d'anodin
  • PNY confirme...
  • ... et met à jour son site
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