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PC INpact interviewe Advestigo, spécialiste de la surveillance des réseaux P2P
 Rédigé par le 02 avril 2008
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Deux cas de figure. Pour le cas du P2P, il y a des solutions parce que les protocoles reposent structurellement sur des hashs, les résumés des fichiers. Le principe de fonctionnement du P2P repose sur des tables de hash distribuées. Ces hashs peuvent être utilisés en amont, pour repérer les fichiers qui sont copyrightés, en aval, pour dire que tous les hashs de ce type-là vont être blacklistés par un module chez l’opérateur. C’est techniquement faisable même dans des contextes de grande bande passante opérateur (10 Gbits). Nous avons d’ailleurs fait des démonstrations récentes avec une société partenaire spécialisée dans ces outils là pour le compte d’ayants droit audio, vidéo.

albanel olivennes

C’est typiquement les tests préconisés par la mission Olivennes, non ?

Ce sont des produits qui peuvent exactement rentrer dans le cadre de ces tests.

Ces tests Olivennes ont-ils commencé ?

Les tests sont prévus dans les deux ans, on s’attend plutôt à ce que ce soit pour la deuxième année.

Les majors sont très pressées...

Oui, mais les FAI moins ! (rire) Et il n’y a pas encore de calendrier de tels tests ; par contre, le premier volet de 'Réponse Graduée', basé sur une observation externe des échanges, devrait être mis en œuvre très rapidement. Il fait, lui, l'unanimité et le principe semble en être rapidement repris à l'étranger (UK, Japon, Australie par exemple).

Aujourd’hui, nous ne vendons pas ce type de produit réseau, mais nous travaillons avec deux sociétés qui développent ces solutions. Ce sont des technologies assez différentes d’Advestigo. Nous, ce que nous proposons, c’est la constitution des bases de hashs validées qui servent à identifier ces contenus.

À l’échelle des réseaux, il y a différents problèmes qui peuvent survenir d’ici là, dont les mécanismes de cryptage qui vont agir contre ces produits. Mais ces produits ont des réponses. Si on doit compter une année pour la mise en place des tests, il faudra bien évaluer la situation dans un an par rapport aux technologies effectives sur les réseaux.

Le comité des ministres du Conseil de l'Europe a adopté plusieurs recommandations en matière de filtrage. Une première réaction ?

Les choses ne sont pas encore stabilisées. Elles devraient évoluer dans les deux ans. Dans un premier temps, il y a un schéma d’expérimentation qui doit être mis en place. On devrait avoir pas mal de valses-hésitations.

Pour en revenir à ces questions de chiffrage, ce n’est pas une guerre perdue d’avance ?


Rappelons d'abord que le problème du cryptage ne se pose pas dans le cas de la Réponse Graduée. [NDLR : ce système de surveillance se positionne comme client usuel du protocole].

freenet P2P chiffrage

Le problème pour les systèmes de filtrage réseau est le suivant : si en France se met en place unilatéralement un mécanisme de ce type et que les internautes disons Américains ne voient aucune raison de s’embêter avec un mécanisme crypté, alors il sera nécessaire, pour que le P2P continue à être efficace, qu'apparaissent des mécanismes pour faire le lien entre un univers crypté et un univers non crypté facilement. Et ce, sans apparition d’un inconvénient pour les utilisateurs qui ne sont pas concernés. Alors peut-être que cela pourra effectivement permettre un cryptage à grande échelle en France, mais ce n'est tout de même pas gagné d’avance.